Silencieuse depuis des siècles, cette faille pourrait tout détruire au Canada

La faille de Tintina, longtemps considérée comme dormante, pourrait bien cacher un danger imminent.

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Silencieuse depuis des siècles, cette faille pourrait tout détruire au Canada
Silencieuse depuis des siècles, cette faille pourrait tout détruire au Canada © RSE Magazine

La faille de Tintina, c’est une structure géologique énorme qui s’étend sur 1 000 kilomètres dans le nord du Canada. Elle traverse le Yukon et se termine en Alaska. On pensait qu’elle était endormie depuis 40 millions d’années, mais de récentes études montrent qu’elle pourrait receler un potentiel sismique plus élevé qu’on ne le croyait. Même si l’activité sismique récente dans la région reste quasi nulle, ces nouvelles investigations posent sérieusement des questions sur la sécurité des populations locales et la stabilité des infrastructures.

Des secousses d’autrefois

Des équipes de l’Université de Victoria et de l’Université de l’Alberta ont déniché des traces d’activité le long de la faille de Tintina. Ils ont mis en évidence deux périodes sismiques relativement récentes : l’une datant d’il y a 2,6 millions d’années et l’autre survenue il y a 132 000 ans. Pourtant, aucun séisme significatif n’a été enregistré au cours des 12 000 dernières années. Ce long moment de calme apparent pourrait bien masquer une accumulation importante de tensions tectoniques.

La technologie moderne a largement aidé ces découvertes. Grâce à des images satellites en haute résolution et à l’imagerie sismique avancée, les chercheurs ont réussi à repérer des ruptures de surface discrètes mais révélatrices, similaires à un séisme à glissement lent, dissimulées sous la dense forêt canadienne. Ces techniques ont permis de mettre en lumière des escarpements de faille, appelés « glissements », qui témoignent d’une activité sismique passée.

Les risques de tremblements

La pression qui continue de s’accumuler le long de la faille pourrait représenter un danger pour la région. D’après les études, la faille se déplace et accumule une pression à un rythme allant de 0,2 à 0,8 millimètres par an. Si on considère ces chiffres, elle aurait dû glisser d’environ 6 mètres sur cette période géologique récente, ce qui ne s’est pas produit. Cela laisse penser qu’un séisme majeur pourrait survenir si cette tension était soudainement relâchée.

Un tel événement pourrait provoquer de sérieux dégâts pour les habitants et les infrastructures. Par exemple, Dawson City, qui compte 1 600 habitants, risquerait de subir de fortes secousses en cas de séisme dépassant une magnitude de 7,5. Les répercussions sur les infrastructures essentielles et les écosystèmes locaux sont également très préoccupantes.

Les pistes pour la suite

Face à ces dangers potentiels, les chercheurs conseillent de poursuivre les études sur la faille de Tintina et d’autres structures similaires dans la région. Plus on aura de données sur l’activité sismique passée, mieux les modèles informatiques pourront prévoir les événements à venir. Des recherches paléosismiques supplémentaires sont nécessaires pour déterminer précisément les intervalles entre les séismes enregistrés et pour voir si les taux de glissement ont varié au fil du temps à cause du régime tectonique ou d’autres facteurs, comme l’ajustement isostatique lié aux glaciations, en utilisant un modèle tomographique sismique.

Theron Finley, géologue à l’Université de Victoria, explique que « au cours des deux dernières décennies, quelques petits séismes de magnitude 3 à 4 ont été détectés le long de la faille de Tintina, mais rien ne laisse penser qu’elle est capable de déclencher de grosses ruptures. » Toutefois, cette constatation ne doit pas faire baisser la garde face aux risques que pourrait présenter cette structure géologique.

La recherche publiée dans Geophysical Research Letters met en lumière un risque sismique important, jusque-là sous-estimé, pour cette région du nord canadien.

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