Des chercheurs chinois viennent de mettre la main sur quelque chose d’exceptionnel dans les profondeurs de l’océan Pacifique. Ils ont découvert des colonies d’organismes à 10 000 mètres sous la surface – une trouvaille qui fait repenser les limites de la vie sur notre planète. Grâce au submersible Fendouzhe (Le Battant), l’équipe a pu explorer des zones parmi les plus inaccessibles et mystérieuses de la Terre.
Plongée dans les abysses
La zone hadale, située à plus de 6 000 mètres de profondeur, est un endroit où la lumière n’atteint jamais et où la pression écrase littéralement. Jusqu’à présent, on pensait que seules des formes microscopiques pouvaient y tenir la route. Pourtant, l’expédition menée par l’Institut des sciences et de l’ingénierie des grands fonds de l’Académie chinoise des sciences a montré le contraire en dénichant des colonies d’organismes vivant dans ces recoins abyssaux.
Les chercheurs n’ont pas exploré que la célèbre fosse des Mariannes. Ils ont également sondé la fosse des Kouriles (une autre tranchée sous-marine impressionnante qui plonge jusqu’à 10 542 mètres de profondeur). Lors de leur périple, ils ont parcouru plus de 2 500 kilomètres, atteignant des points culminants de 9 533 mètres.
Rencontres biologiques surprenantes
L’expédition a mis au jour une biodiversité inattendue. On y a trouvé des milliers de vers tubicoles mesurant jusqu’à 30 centimètres, ainsi que divers mollusques, crustacés et concombres de mer. Ces bestioles vivent en pleine obscurité et se nourrissent par chimiotrophie (un procédé qui transforme des composés chimiques comme le méthane ou le sulfure d’hydrogène en énergie).
Le Dr Xiaotong Peng n’a pas caché son engouement en disant : « C’est passionnant — surtout pour un spécialiste des grands fonds — d’aller dans un endroit que les êtres humains n’ont jamais exploré. » Et le Dr Megran Du a ajouté que comprendre comment ces organismes réussissent à vivre sous une pression qui dépasse 1 100 fois celle au niveau de la mer est vraiment remarquable : « Ils doivent avoir une méthode bien efficace pour s’adapter à la vie sous une pression extrême. »
Questions scientifiques et débats sur l’exploitation minière
L’étude révèle qu’il s’agit « des communautés fondées sur la chimiosynthèse les plus profondes et les plus vastes connues à ce jour sur Terre », soulignant l’importance de la conservation marine.
Cette avancée soulève aussi des questions sur l’impact humain de l’exploitation minière sous-marine. À l’heure actuelle, plusieurs pays – dont la Chine et les États-Unis – envisagent d’exploiter ces tranchées pour leurs minéraux rares, tandis que des scientifiques mettent en garde contre le risque de détruire ces écosystèmes fragiles encore très méconnus. Pour l’instant, l’Autorité internationale des fonds marins n’a pas mis en place de régulations pour encadrer cette industrie naissante.








