Le 2 juillet 2025, dans le cadre de la sixième conférence internationale Plate organisée à Aalborg, au Danemark, un événement discret mais potentiellement structurant s’est produit. L’association française HOP (Halte à l’obsolescence programmée), en collaboration avec l’université d’Aalborg et l’organisation Repair Café Danmark, a lancé la première Alliance internationale de la durabilité. Ce projet, officiellement présenté par Laetitia Vasseur, déléguée générale de HOP, marque une étape dans l’extension à l’échelle planétaire des efforts pour la durabilité des produits.
Durabilité : un réseau indépendant pour renforcer les initiatives locales
Face à la prolifération des produits à durée de vie réduite, ce réseau international propose une nouvelle approche : fédérer les acteurs engagés dans la lutte contre l’obsolescence programmée et dans la promotion de la réparabilité. Comme l’a affirmé Laetitia Vasseur lors de son discours inaugural : « Il est temps de passer à l’échelle le combat pour la durabilité des produits. Rejoignez le mouvement ! ».
L’objectif est clair : mutualiser les ressources, favoriser les synergies et donner de la visibilité aux efforts isolés. L’alliance mettra à disposition un espace de partage libre, accessible gratuitement, permettant aux membres – associations, chercheurs, entreprises, collectivités – d’échanger articles scientifiques, études, témoignages, webinaires et bonnes pratiques. À travers cette plateforme de collaboration, l’initiative entend donner un coup d’accélérateur au mouvement global pour des biens durables.
HOP, Aalborg et Repair Café Danmark : acteurs fondateurs d’une gouvernance ouverte
Le fonctionnement de l’Alliance internationale de la durabilité repose sur une structure ouverte, indépendante, sans hiérarchie centralisée. Chaque acteur ou membre dispose d’un accès équitable aux ressources disponibles. Cette approche favorise la co-construction des outils, l’adaptation aux contextes locaux et le respect des contraintes propres à chaque territoire.
Selon les éléments publiés par HOP sur son site officiel : « Cette alliance apporte, par son indépendance totale, une liberté d’échange entre organisations ou individus membres. […] Le partage des expériences et des ressources […] vise à promouvoir et renforcer les initiatives locales. ».
D’ores et déjà, le réseau a reçu le soutien formel du réseau Ashoka, et sa présentation devant le One Planet Network de l’ONU est programmée. L’alliance devrait tenir sa première réunion officielle à l’automne 2025, après une phase d’expansion prévue durant l’été.
Une réponse structurelle aux enjeux de recyclage et de responsabilité élargie
Dans un contexte où les politiques de recyclage peinent à enrayer la progression des déchets électroniques, cette alliance ambitionne d’apporter une réponse préventive, en agissant dès la conception des produits. L’idée fondatrice : faire de la durabilité une norme plutôt qu’une exception. Elle s’inscrit ainsi dans une dynamique plus large, en lien avec les travaux du Programme environnemental des Nations Unies, dont HOP co-dirige un groupe sur l’allongement de la durée de vie des produits.
Ce positionnement stratégique vise également à alimenter les réflexions autour de la Responsabilité Sociétale des Entreprises (RSE). En intégrant les enjeux de durabilité dans les critères de performance, l’alliance pourrait influencer à terme les indicateurs extra-financiers des grandes entreprises. Un signal fort pour les industriels : la fin du modèle linéaire pourrait bien s’organiser depuis le terrain.
Une inscription ouverte et des premières adhésions mondiales
L’un des éléments marquants du lancement de cette alliance est la gratuité de l’adhésion. En quelques jours, des membres issus de cinq continents, provenant d’universités, d’entreprises engagées, de collectivités locales et d’ONG, ont déjà rejoint le réseau. D’après le site de HOP, l’alliance se donne pour mission de : « mettre en réseau les acteurs et actrices du changement lié à la durabilité des produits » et d’« offrir un espace indépendant pour mutualiser les expériences et renforcer l’impact des projets. »
En créant une alliance structurée, indépendante et ouverte, HOP, l’université d’Aalborg et Repair Café Danmark tentent de répondre à une urgence : coordonner les efforts épars pour allonger la durée de vie des biens. Cette initiative ne se limite pas à une campagne de sensibilisation. Elle trace les contours d’un contre-pouvoir méthodique, fondé sur l’échange, la connaissance et l’action. La durabilité devient ainsi plus qu’un objectif : une stratégie partagée.








