Peut-on vraiment réutiliser la crème solaire de l’année dernière ?

Avant de rouvrir vos crèmes solaires de l’année dernière, saviez-vous qu’une substance potentiellement cancérigène pourrait s’y être développée ?

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Peut-on vraiment réutiliser la crème solaire de l'année dernière ?
Peut-on vraiment réutiliser la crème solaire de l’année dernière ? © RSE Magazine

Avec l’arrivée des beaux jours, beaucoup se demandent s’il est judicieux de reprendre les tubes de crème solaire entamés l’été dernier. À l’heure où le soleil tape de plus en plus fort, on se pose naturellement la question de savoir si ces crèmes gardées d’une année sur l’autre offrent toujours une bonne protection contre les UV.

Réutilisation des crèmes solaires : ce que vous devez savoir

En période estivale, il n’est pas rare de retrouver dans nos placards des crèmes solaires entamées depuis l’année passée. La bonne nouvelle, c’est que la plupart de ces produits peuvent encore être utilisés, à condition qu’ils aient été bien conservés. Vérifiez toujours que votre crème ne montre aucun signe de dégradation pour être sûr(e) de sa performance.

Pour savoir si votre crème reste utilisable, plusieurs points sont à contrôler. D’abord, assurez-vous que son aspect est normal et qu’elle ne dégage pas une odeur désagréable ou douteuse. La texture doit être homogène et ne pas avoir changé. Si vous observez que, malgré une application correcte, vous finissez avec des coups de soleil, mieux vaut éviter de la réutiliser.

Il est recommandé d’éviter de garder ses crèmes dans des endroits humides comme la salle de bains. Marquer la date d’ouverture sur le tube peut s’avérer très pratique pour suivre son temps d’usage. Même si la période après ouverture (PAO) est en général indiquée sur les emballages – souvent 12 mois –, certaines crèmes peuvent être utilisées pendant deux mois de plus si elles ont été conservées dans de bonnes conditions.

Signes de dégradation et risques éventuels

Les indices de dégradation à surveiller sont une odeur rance, une texture altérée, ou une séparation entre les phases huile et eau. Dès que vous remarquez l’un de ces signes, il est préférable de jeter le tube pour éviter tout risque pour votre peau.

Un autre point d’attention concerne le filtre UV octocrylène, que l’on retrouve souvent dans les crèmes solaires. Ce produit chimique peut se transformer, avec le temps, en benzophénone – une substance qui, selon certaines études, pourrait être cancérigène et perturber le système hormonal.

Recherches scientifiques et conseils officiels

Des études menées par le CNRS et Sorbonne Université ont mis en évidence cette transformation chimique, qui s’accélère lorsque les crèmes sont exposées à la chaleur et à la lumière. Face à ces constats inquiétants, l’Anses (Agence nationale de sécurité sanitaire) recommande d’interdire purement et simplement l’usage de l’octocrylène dans les produits solaires, en raison de ses effets négatifs sur la santé humaine et sur l’impact écologique des crèmes.

Étude approfondie par UFC-Que Choisir

Une étude réalisée par l’UFC-Que Choisir, en collaboration avec d’autres associations européennes, a testé huit crèmes solaires bien notées lors d’essais précédents. Ces produits, qui n’avaient pas dépassé leur date limite d’utilisation, affichaient tous une PAO d’au moins 12 mois. Les tests ont été réalisés dans des conditions proches de la réalité : exposition prolongée à diverses températures jusqu’à 40 °C et à des rayons UV artificiels.

Sur les huit crèmes testées pendant près de 14 mois, six n’ont montré aucun changement notable. Cependant, deux produits ont présenté des anomalies, notamment un aspect déphasé avec une séparation entre les parties grasses et aqueuses.

Ces résultats montrent que, même si certaines crèmes peuvent rester efficaces au-delà du délai indiqué, il est préférable d’examiner chaque produit de près pour s’assurer d’une protection suffisante contre le soleil.

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