Consommation responsable : 2025, l’année d’un retour en arrière

Publié le
Lecture : 2 min
Consommation Responsable
Consommation responsable : 2025, l’année d’un retour en arrière © RSE Magazine

Le 24 juin 2025, l’ADEME et GreenFlex ont dévoilé les résultats de leur 21ème baromètre annuel de la consommation responsable. Cet indicateur révèle un paradoxe : alors que la crise environnementale s’accentue, l’engagement collectif des Français pour la consommation responsable décline. Comment analyser cette évolution ?

L’intérêt pour la seconde main faiblit

En 2025, l’engouement des Français pour la consommation responsable s’inscrit en nette baisse. Seuls 13% des nos compatriotes affirment faire « tout leur possible » pour réduire leur impact environnemental, contre 18% en 2024, soit une baisse de 5 points, apprend-on du 21ème baromètre annuel de la consommation responsable de l’ADEME et GreenFlex. De même, le recours à la seconde main régresse : 38% en 2025, contre 44% en 2024, un recul significatif de 6 points. Ces chiffres démontrent un essoufflement tangible, symptomatique d’un désintérêt croissant.

D’après le même sondage, alors qu’environ 8 Français sur 10 estiment que l’urgence climatique impose de revoir notre mode de vie, l’intensité de cette conviction diminue : les « tout à fait d’accord » passent de 40% à 31% en un an Les « mobilisateurs », ceux qui incitent leur entourage à adopter des pratiques responsables, chutent de 26% à 20%. Le constat est clair : l’inquiétude demeure, mais l’action individuelle et collective s’affaiblit.

Les Français sont conscients des méfaits de la société de consommation

Les Français se montrent néanmoins conscients de la pression consumériste qui règne dans notre société. Ainsi, 84% des Français estiment vivre dans une société incitant à acheter sans cesse, 77% dénoncent la pression des promotions, 51% affirmant par ailleurs « se faire avoir » lors de ces opérations. Et 45% pointent le manque d’information de la part des médias et marques pour orienter des choix responsables.

Alors, les Français renversent leur regard vers les pouvoirs publics : 91% soutiennent le développement des énergies renouvelables, les interdictions de publicité pour produits polluants (84%) encore ou la rénovation obligatoire des logements (72%). Ils sont 70% à vouloir orienter les dépenses gouvernementales vers la protection environnementale. Malgré le découragement individuel, l’attente collective d’un changement structurel reste élevée.

Les consommateurs réclament des alternatives concrètes : 77% seraient prêts à opter pour une livraison plus lente mais moins chère, et 72% accepteraient qu’un vendeur recommande une réparation plutôt qu’un achat neuf. Mais 45% jugent que les entreprises ne communiquent pas assez sur ces options. Les acteurs économiques sont donc appelés à revoir leurs pratiques commerciales, sans « obsolescence psychologique » ou promotions agressives.

Laisser un commentaire