Le sommet sur l’océan qui s’est déroulé à Nice, en France, a vu défiler des annonces marquantes pour préserver les écosystèmes marins. Cet événement, officiellement nommé troisième Conférence des Nations unies sur l’océan (Unoc-3), a réuni 63 chefs d’État et de gouvernement afin de débattre sur les mesures à adopter pour protéger nos mers. Parmi les engagements pris, la France a promis d’interdire le chalutage de fond dans certaines zones marines protégées.
Engagements français pour mieux protéger la mer
La France a indiqué qu’elle interdirait le chalutage de fond dans 4 % des eaux entourant l’Hexagone d’ici la fin de 2026. Pour l’heure, seulement 0,1 % de ces zones bénéficient d’une « protection forte ». L’objectif affiché est d’atteindre 14 % de protection forte sur l’ensemble du domaine marin français à cette échéance. Ce projet, présenté par Agnès Pannier-Runacher, ministre de la Transition énergétique, vise à instaurer des zones où toute activité pouvant dégrader les fonds marins sera interdite.
Le Président Emmanuel Macron a rappelé que le chalutage perturbe gravement la biodiversité marine et qu’il est indispensable d’apprendre à protéger ces écosystèmes fragiles. Toutefois, ces annonces ont fait l’objet de critiques et de doutes dans le milieu des ONG environnementales.
Réactions partagées des ONG et critiques sur les ambitions françaises
Les organisations non gouvernementales (ONG) n’ont pas caché leur scepticisme face aux mesures annoncées par la France. Elles demandent une interdiction totale du chalutage dans toutes les aires marines protégées françaises. Par ailleurs, des critiques pointent du doigt des restrictions moins sévères dans les eaux hexagonales comparées à celles des eaux ultramarines. Le WWF France a ainsi qualifié ces nouvelles ambitions de « tour de passe-passe », tandis que Greenpeace s’est montré déçu, arguant que les zones visées ne subissent déjà pas le chalutage pour des raisons naturelles.
François Chartier, chargé de campagne océans chez Greenpeace, a déclaré : « C’est très décevant » et « Ce qu’ils veulent passer pour des zones en protection forte, ce sont des zones qui ne sont déjà pas chalutées parce que le relief ou la profondeur ne le permettent pas. »
Objectifs mondiaux et actions à l’international
Le sommet a également permis d’évoquer des objectifs plus larges pour la conservation des océans à l’échelle mondiale. Les participants se sont engagés à interdire le chalutage de fond et à renforcer la protection des aires marines protégées (AMP) pour lutter contre la pollution marine. L’objectif affiché est de porter à 30 % la part des océans bénéficiant d’une protection forte d’ici 2030, alors qu’actuellement seulement 8,36 % sont protégés.
Plusieurs initiatives nationales ont aussi été dévoilées par divers pays. Par exemple, les Îles Samoa vont créer neuf nouveaux parcs marins couvrant 30 % de leurs eaux nationales, soit environ 36 000 km². Quant au Royaume-Uni, il envisage d’interdire le chalutage dans 41 zones protégées, pour un total de 30 000 km².
Perspectives d’avenir et mobilisation internationale
La conférence Unoc-3 représente un tournant dans l’engagement mondial pour la sauvegarde des océans. Le traité sur la haute mer, déjà ratifié par 31 pays et l’Union européenne, pourrait bientôt entrer en application, soulignant l’importance d’un traité international pour la protection des océans.
Les avancées scientifiques et technologiques ont aussi occupé une place importante, notamment avec le lancement de l’Ipos et la création prévue d’un « jumeau numérique ».








