Emploi et territoire : Moselle lance son label pour ne plus voir ses talents partir

Le label Mosl Employeur, selon Sylvie Aubert, DRH de Center Parcs, « n’est pas une récompense, mais un levier pour réfléchir à ce que l’on veut être comme employeur dans un territoire comme la Moselle ».

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Bien-être au travail : pourquoi cette notion doit-elle être une priorité pour les PME ?
Emploi et territoire : Moselle lance son label pour ne plus voir ses talents partir © RSE Magazine

Le 22 mai 2025, le Conseil départemental de la Moselle a lancé officiellement le label Mosl Employeur, un dispositif censé distinguer les entreprises locales engagées dans le développement durable, l’inclusion sociale, l’ancrage territorial ou encore la qualité de vie au travail. L’initiative, portée par Moselle Attractivité, ambitionne de renforcer la marque employeur territoriale à l’heure où le département anticipe une perte de 180 000 habitants d’ici 2070, selon les projections de l’INSEE.

MOSL Employeur : un label pour qui, pour quoi ?

Un label Mosl Employeur pour une entreprise mosellane qui veut séduire plus qu’embaucher ? La question mérite d’être posée tant les critères d’attribution relèvent d’un effort de séduction territoriale. Le label est attribué sur dossier, après instruction par Moselle Attractivité, et ne nécessite aucune norme extérieure type ISO ou B Corp.

Les entreprises doivent démontrer qu’elles agissent de manière concrète : embauche locale, recours à l’éco-pâturage, soutien à des associations du territoire, formations internes innovantes, ou encore actions de qualité de vie au travail. La promesse ? Valoriser une entreprise ancrée, humaine, durable. Mais sans l’appui d’aucune incitation financière ni allègement administratif. Pas même un avantage en matière de marchés publics. Juste une reconnaissance. « Plus il y aura de labellisés, plus nous créerons une famille », a déclaré Patrick Weiten, président du Département de la Moselle, dans La Semaine, le 23 mai 2025.

Déjà 15 entreprises labellisées Mosl employeur

Dès son lancement, le label a distingué quinze entreprises issues de secteurs divers : Soprema, géant de l’étanchéité, PFF Façade, spécialiste de la construction, ou encore Iseah Formation et Center Parcs Moselle. Chacune a mis en avant un engagement spécifique. Certaines investissent dans des partenariats éducatifs, d’autres développent des actions de santé mentale en entreprise ou intègrent des circuits courts dans leur approvisionnement.

Mais à l’heure où la directive européenne sur le reporting extra-financier (CSRD) pourrait reculer, cette labellisation repose exclusivement sur le volontariat. Autrement dit : à chacun son label, à chacun ses critères. Comme le souligne David Arslan, directeur de Moselle Attractivité, relayé par La Semaine, « le label Mosl Employeur est destiné à créer un écosystème d’acteurs alignés sur des valeurs communes : inclusion, durabilité, ancrage local ».

Reconquérir le territoire en améliorant son attractivité

Derrière ce label se cache un projet territorial politique. La Moselle perd ses habitants, ses étudiants, ses forces vives. Le label n’est pas qu’un outil RH, c’est une opération de reconquête démographique. Le triptyque stratégique « Viens, Reste, Reviens », imaginé par le Département dès 2022, alimente cette logique :

  • Viens : attirer de nouveaux actifs par la qualité de vie et l’accueil.
  • Reste : fidéliser les talents locaux par la formation et l’emploi qualifié.
  • Reviens : inciter les Mosellans expatriés à revenir, séduits par une économie plus inclusive.

Le label Mosl Employeur, selon Sylvie Aubert, DRH de Center Parcs, « n’est pas une récompense, mais un levier pour réfléchir à ce que l’on veut être comme employeur dans un territoire comme la Moselle ».

Mais au fond, quelle valeur aura ce label à l’extérieur du département ? Pour l’instant, aucune reconnaissance nationale ni européenne. Le label Mosl Employeur reste une démarche d’image.
Il ne garantit aucune performance environnementale ou sociale normée, il n’engage pas légalement les entreprises, et il n’existe aucun mécanisme de contrôle ou de retrait pour les mauvais élèves.

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