Plus de 100 000 semences arrivent à la « banque de graines pour l’Apocalypse » : faut-il s’inquiéter ?

Dans l’Arctique, une banque de graines protège notre avenir agricole face aux catastrophes.

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Plus de 100 000 semences arrivent à la "banque de graines pour l'Apocalypse" : faut-il s'inquiéter ?
Plus de 100 000 semences arrivent à la « banque de graines pour l’Apocalypse » : faut-il s’inquiéter ? © RSE Magazine

Planquée dans le pergélisol de l’Arctique norvégien, la banque de graines de Svalbard – souvent surnommée la « banque de graines pour l’apocalypse » – joue un rôle déterminant dans la sauvegarde de notre patrimoine agricole mondial. En stockant plus d’un million de semences issues de 177 espèces différentes, elle s’impose comme le gardien de la diversité de nos cultures. Dernièrement, elle a renforcé sa collection avec des apports précieux venant du continent africain.

Les nouvelles contributions africaines

Récemment, la banque a accueilli des semences en provenance d’Afrique, ajoutant ainsi 13 espèces végétales à son archive. Parmi ces nouvelles acquisitions, on trouve :

  • le Faidherbia albida, réputé pour fixer l’azote et booster la fertilité des sols,
  • le teck d’Arabie (Cordia africana), apprécié pour son bois robuste et ses fruits nourrissants,
  • l’Acacia polyacantha, traditionnellement utilisé pour traiter les morsures de serpent,
  • le baobab africain (Adansonia digitata), qui se prête à de multiples usages médicinaux, allant du traitement des maladies rénales aux soins des piqûres d’insectes,
  • le Sesbania sesban, reconnu pour ses vertus anti-inflammatoires et antivirales.

Pour garantir leur viabilité, ces graines sont replantées à des intervalles différents, selon leur capacité de germination.

Objectifs et enjeux environnementaux

L’idée derrière le dépôt de ces graines, c’est avant tout de pouvoir les replanter après une catastrophe, qu’elle soit naturelle ou provoquée par l’Homme. Cela dit, il faut veiller à ce que ces semences disposent d’un environnement adapté pour bien se développer. Comme le précise Éliane Ubalijoro dans The Guardian, directrice générale du Centre pour la recherche forestière internationale et l’agroforesterie mondiale (Cifor-Icraf) : « Si vous plantez des arbres dans la mauvaise zone, vous risquez de créer ce que l’on appelle des déserts écologiques ».

Le rôle déterminant des femmes et des savoirs locaux

Les savoirs locaux sont un atout majeur pour la réussite des projets agroforestiers. Dans beaucoup de pays africains, plus de 60 % des femmes sont activement impliquées dans l’agriculture. Leur participation ne permet pas seulement de maintenir la biodiversité des cultures, mais elle permet aussi de l’enrichir. Selon Éliane Ubalijoro, « Nous devons garantir la biodiversité nécessaire à la protection de ces ‘cultures féminines' ».

L’engagement mondial du Svalbard Global Seed Vault

Depuis sa création en 2008, le Svalbard Global Seed Vault a réuni plus de 1,1 million de graines venues de tous les coins du globe. Le dernier apport africain comprend 120 000 graines, incluant celles d’espèces réputées pour leur résistance aux changements climatiques. Ce projet est piloté par le ministère norvégien de l’Agriculture, avec l’appui du Crop Trust, et bénéficie de l’expertise opérationnelle du Centre Nordique des Ressources Génétiques.

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