Quand FoodChéri fait rimer déjeuner et militantisme alimentaire

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Quand FoodChéri fait rimer déjeuner et militantisme alimentaire © RSE Magazine

Qui aurait cru qu’un frigo connecté et quelques plats végétariens allaient bouleverser la restauration d’entreprise ? À coups d’éco-scores, de barquettes responsables et d’idées bien assaisonnées, FoodChéri s’invite dans l’assiette des salariés français depuis dix ans. Mais que cache vraiment cette ambition verte ?

Une décennie de FoodChéri : quand la cantine devient militante

Dix ans, et déjà une révolution en marche. Depuis le 15 mars 2015, date de sa fondation, FoodChéri s’est donné pour mission de transformer la pause déjeuner. Pas juste de la rendre plus agréable — non, il s’agissait de la rendre militante. Le modèle, simple et audacieux à ses débuts, proposait une livraison de repas le soir, pour les actifs pressés de la région parisienne. Très vite pourtant, la cible a changé : l’entreprise a flairé une faille dans la restauration d’entreprise et s’y est engouffrée.

Là où la cantine proposait souvent des plats fades ou standardisés, FoodChéri a imposé une ligne : 50% de la carte végétarienne ou vegan, ingrédients bio ou locaux, sans additif ni conservateur. De quoi faire passer un message : manger au bureau peut aussi être un acte responsable.

FoodChéri et la RSE : pas du greenwashing, du vrai gras éthique

Si le mot « RSE » est souvent jeté en pâture sans conviction, FoodChéri le découpe finement. En 2018, le rachat par Sodexo aurait pu sonner le glas de ses ambitions éthiques. Il n’en a rien été. Au contraire, ce partenariat a permis d’industrialiser l’ambition tout en conservant les engagements. Le Comptoir et le Frigo, deux formats pensés pour les bureaux, ont été pensés comme des bastions de la restauration durable : plats variés, accessibles à tout moment, animés par un personnel formé, le tout calibré pour répondre aux attentes nutritionnelles mais aussi environnementales.

En matière de durabilité, les chiffres ne mentent pas :

  • 90% de la carte affiche un Éco-Score A ou B, réduisant drastiquement l’empreinte carbone du déjeuner.
  • 40% des produits sont certifiés bio, 100% des volailles sont d’origine France et Bleu Blanc Cœur.
  • Suppression du bœuf, du cabillaud et de l’avocat dès 2020 : un triple coup porté à l’agro-industrie destructrice.
  • 50.000 bouteilles plastiques économisées chaque année, depuis la suppression de l’eau en bouteille à usage unique en 2022.

En matière d’éthique, FoodChéri joue aussi sur la transparence. Première du secteur à afficher l’Éco-Score — devenu entre-temps Green-Score — sur ses plats, l’entreprise a même participé à la création du label en 2020.

Devenir entreprise à mission : un engagement statutaire

En 2024, la mue est officielle. FoodChéri devient entreprise à mission. Ce n’est plus une déclaration d’intention, c’est un engagement juridique : son modèle économique est désormais statutairement lié à la transition alimentaire. En parallèle, elle décroche le label Positive Company, gage de cohérence interne sur les plans social et environnemental.

Mais derrière ces labels, une réalité opérationnelle persiste : le taux d’invendus est tombé à 3,86% en 2023, grâce au système de précommande. Une prouesse logistique autant qu’un levier contre le gaspillage alimentaire.

FoodChéri en 2030 : objectif 100% réemploi

L’avenir, FoodChéri le pense réutilisable. L’entreprise prépare le déploiement massif de Comptoirs en réemploi, avec un objectif clair : 100% de contenants réemployables livrés dans les entreprises clientes d’ici 2030. Un changement de paradigme qui tranche avec les pratiques encore dominantes de la restauration collective. De nouveaux concepts sont aussi sur le feu : bars à salades, sandwicheries responsables, toujours dans l’idée d’accompagner les évolutions des pratiques alimentaires au bureau.

Et les résultats parlent : plus de 1.000 entreprises clientes, une note moyenne supérieure à 4/5 attribuée par 80 % des utilisateurs, et un CEO qui affiche une ambition intacte. Comme le résume Jérôme Lemouchoux, dirigeant de la société : « Depuis nos débuts en 2015, nous avons évolué pour proposer des solutions de restauration de plus en plus durables et saines, avec des repas cuisinés par une équipe de chefs, avec une majorité de produits bio et respectueux de l’environnement. Le soutien de Sodexo depuis 2018 a été un catalyseur, nous permettant d’élargir notre impact et de renforcer nos engagements ».

Pas une mode, une mutation du système alimentaire

Ce que propose FoodChéri ne tient pas du gadget. Il s’agit d’un modèle alternatif crédible face à la restauration standardisée, industrielle, carbonée. En se positionnant comme un laboratoire de la foodtech engagée, l’entreprise illustre ce que peut devenir la cantine de demain : durable, locale, végétale et transparente.

Reste à voir si l’écosystème suivra. Mais une chose est sûre : FoodChéri a mis les pieds dans le plat — et ça fait du bien.

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