On ne peut plus se passer des smartphones au quotidien, et ça soulève des questions sur la façon dont ils affectent notre concentration. Une étude récente, parue dans le journal « Frontiers in Computer Science« , jette un éclairage sur la manière dont nos téléphones modifient nos habitudes de travail et de pause. Cette recherche, menée par le Dr. Maxi Heitmayer, maître de conférences en psychologie à l’University of the Arts London et chercheur invité à la London School of Economics and Political Science, dépeint avec précision la relation complexe qu’on entretient avec nos appareils.
Méthodologie et découvertes
L’étude a été réalisée avec 22 participants qui ont participé à deux sessions de travail distinctes de cinq heures chacune. Lors d’une session, leur smartphone était à portée de main, alors que pendant l’autre, il était rangé hors de portée immédiate. Les résultats montrent que les participants utilisaient leur téléphone beaucoup plus lorsqu’il était facilement accessible. Par contre, le temps passé sur des activités professionnelles et personnelles ainsi que la façon dont la journée se fragmentait ne changeait pas selon que le téléphone était à portée ou non.
Le Dr. Maxi Heitmayer a expliqué que « bien que l’on se serve davantage du smartphone quand il est sous le nez, la durée consacrée aux activités professionnelles et personnelles et la manière de compartimenter sa journée ne semblent pas dépendre de cette accessibilité ». On remarque aussi que 89 % des interactions avec le téléphone sont déclenchées volontairement par les utilisateurs, contre seulement 11 % dues à des notifications (ce qui montre que c’est surtout nous qui décidons de l’utiliser).
Distractions et gestion
Selon le Dr. Heitmayer, interdire les téléphones dans des lieux comme les salles de classe ou le bureau ne va pas forcément régler le problème des distractions. Il recommande plutôt de se pencher sur nos habitudes et nos comportements numériques pour mieux gérer notre attention. Le chercheur remarque : « On raconte souvent que ‘le téléphone est le problème’ parce qu’on est accros à lui ».
Cette étude vient appuyer d’autres travaux. Par exemple, le Dr. Paul Pavlou avait déjà montré en 2021 que les étudiants ayant un accès illimité aux smartphones avaient de moins bons résultats académiques que ceux dont l’utilisation était restreinte en classe.
Les résultats révèlent aussi une forte pression sociale liée à l’usage constant des smartphones, souvent motivée par le besoin de paraître toujours occupé pour éviter d’être perçu comme oisif. Comme l’explique Heitmayer, « nous avons tous développé une véritable horreur de l’oisiveté ». Ce phénomène influence nettement notre comportement face aux technologies numériques.
D’autres études montrent, par ailleurs, que réduire l’accès à Internet incite les gens à privilégier des activités physiques ou des interactions sociales directes, comme faire du sport ou lire. Ces constats nous invitent à adopter une utilisation réfléchie et modérée des technologies pour préserver notre bien-être mental et social.








