Face à la montée en flèche du commerce en ligne à l’international, l’Union européenne (UE) a décidé de dégainer des mesures fortes pour protéger ses acheteurs. En effet, 70 % des Européens font régulièrement leurs courses sur le net, et le nombre de colis qui traversent les frontières a triplé depuis 2022 pour atteindre 4,6 milliards en 2024. Chaque jour, environ 12 millions de colis arrivent dans l’Union, ce qui soulève des questions sur la sécurité des produits et sur l’équilibre de la concurrence pour les commerçants européens (en d’autres termes, pour s’assurer que tout le monde joue selon les mêmes règles).
Problèmes repérés et effets sur le marché européen
La montée du commerce en ligne à l’international amène son lot de soucis. D’abord, il y a une concurrence déloyale pour les commerçants européens qui respectent les normes strictes de sécurité et de qualité. Ensuite, les répercussions sur l’environnement dues à la multiplication des livraisons font grincer des dents. Par ailleurs, les acheteurs se retrouvent parfois face à des produits qui pourraient leur jouer des tours, ce qui n’est évidemment pas rassurant en termes de sécurité des transactions.
La contrefaçon (le vol de propriété intellectuelle) représente aussi un sérieux problème. Près de la moitié des produits contrefaits saisis proviennent d’achats en ligne (c’est-à-dire que ça ne passe pas crème), et on observe une hausse nette des articles ne respectant pas les normes européennes.
Les actions de la Commission européenne
Pour régler ces soucis, la Commission européenne a dévoilé plusieurs mesures importantes. Par exemple, elle va mettre fin à l’exonération des droits de douane pour les colis de moins de 150 euros, histoire que tous les vendeurs jouent selon les mêmes règles. Parallèlement, les contrôles douaniers vont être renforcés grâce à une meilleure coordination entre les autorités de surveillance. Michael McGrath, commissaire à la protection des consommateurs, lance d’ailleurs : « le moment est venu pour l’équipe d’Europe de se réunir pour faire face à ces menaces et protéger les consommateurs européens ».
De plus, une enquête a été lancée contre Shein, tandis que Temu reste sous étroite observation. On constate que 91 % des colis provenant de sites web chinois illustrent bien la nécessité d’être vigilant avec ces plateformes.
L’utilisation astucieuse des outils numériques
Les outils numériques jouent un rôle de premier plan dans cette nouvelle stratégie. On fera appel à l’intelligence artificielle pour repérer les produits non conformes, et un passeport numérique garantira la traçabilité des articles. En parallèle, une campagne de sensibilisation sera lancée auprès des consommateurs européens pour les informer sur leurs droits et sur les risques liés aux achats en ligne.
Maros Sefcovic, commissaire au commerce, déclare : « Nous devons doter nos autorités douanières des instruments appropriés ». Cette prise de position souligne l’engagement de l’UE à améliorer ses moyens de contrôle et à faciliter l’échange d’informations entre les différentes autorités.
Source : Europa








