Dans l’État brésilien de Bahia, le chantier de construction d’une usine du constructeur chinois BYD, prévu pour devenir la plus grande unité de production de voitures électriques hors d’Asie, a pris une tournure inquiétante. En décembre 2024, les autorités locales ont découvert que 163 ouvriers chinois y travaillaient dans des conditions dénoncées comme proches de l’esclavage. Ce scandale jette une ombre sur l’expansion internationale du géant chinois de l’automobile.
Un projet ambitieux au cœur de la controverse
L’usine de BYD, située dans la ville de Camaçari, était censée représenter une avancée industrielle majeure pour le Brésil, avec une capacité de production prévue de 150 000 véhicules par an. Cependant, les inspections menées par le Ministère Public du Travail brésilien (MPT) ont révélé des conditions de vie et de travail particulièrement dégradantes.
Les ouvriers étaient hébergés dans des locaux insalubres, sans matelas pour dormir et sans espaces pour ranger leurs affaires personnelles, qui étaient souvent mélangées à des denrées alimentaires. Le nombre de sanitaires disponibles était insuffisant, avec un seul cabinet de toilette pour 31 personnes, obligeant les travailleurs à se lever très tôt pour s’organiser avant de commencer leur journée.
Tableau récapitulatif des conditions signalées :
| Aspect | Description |
|---|---|
| Hébergement | Pas de matelas, effets personnels et alimentaires mélangés |
| Sanitaires | Un cabinet pour 31 travailleurs |
| Salaire | 60% retenus, 40% versés en monnaie chinoise |
| Passeports | Confiscation par l’employeur |
Un sous-traitant pointé du doigt, mais une responsabilité partagée
Les conditions dénoncées résultent de la gestion de Jinjiang Construction Brazil Ltda, une entreprise sous-traitante de BYD. Bien que le constructeur ait rapidement rompu son contrat avec cette société et transféré les ouvriers dans des hôtels de la région, des questions subsistent sur son degré de connaissance et d’implication.
Des rapports indiquent que BYD était informé des conditions de travail et d’hébergement, mais n’aurait agi qu’après les interventions des autorités locales. La rétention des passeports et de 60 % des salaires, couplée à des paiements partiels en yuan chinois, accentue les soupçons de pratiques de travail forcé.
Des répercussions multiples
Ce scandale pourrait avoir de lourdes conséquences pour BYD, dont l’objectif est de s’imposer sur le marché sud-américain et de rivaliser avec Tesla à l’échelle mondiale. En effet, l’éthique des entreprises est devenue un critère essentiel pour les consommateurs et les investisseurs, ce qui pourrait compromettre la réputation de BYD.
Par ailleurs, le projet d’usine, qui aurait pu stimuler l’économie locale, reste désormais incertain. Une audience prévue avec les autorités brésiliennes pourrait aboutir à des sanctions sévères et des retards significatifs. Le gouvernement chinois a pris position, affirmant par la voix de son ministère des Affaires étrangères qu’il exige des entreprises nationales un strict respect des lois locales et internationales. Cependant, cette déclaration peine à apaiser les critiques croissantes envers les pratiques des entreprises chinoises à l’étranger.








