Alors que les coûts liés au dérèglement climatique explosent, les assureurs continuent de soutenir l’expansion des énergies fossiles, alimentant une crise mondiale de l’assurabilité, dénonce la coalition Insure Our Future dans un nouveau rapport.
Le secteur de l’assurance, complice de la crise climatique
Malgré des pertes climatiques qui dépassent 600 milliards de dollars sur deux décennies, soit un tiers des pertes assurées liées aux catastrophes météorologiques, les grands assureurs maintiennent leurs investissements et garanties dans les énergies fossiles. En 2023, les pertes climatiques pour les principaux assureurs dépassaient même, dans certains cas, les revenus générés par les primes des entreprises fossiles. Cette contradiction met en lumière une dynamique auto-destructrice : en assurant des projets pétroliers et gaziers, les compagnies exacerbent les risques qui fragilisent leurs propres bilans.
L’étude d’Insure Our Future révèle que les pertes attribuables au climat augmentent plus vite que les pertes totales, passant de 31% à 38% en une décennie. Ces coûts croissants sont répercutés sur les assurés, entraînant une hausse des primes et une exclusion des zones à haut risque. En France, entre 1.000 et 2.000 communes ont vu leurs contrats résiliés ou leurs cotisations exploser en 2024, soulignant l’impact concret de l’inaction des assureurs sur les ménages, rappellent les auteurs de ce rapport.
Assureurs et climat : entre inertie et espoir d’un changement structurel
Les grandes entreprises d’assurance, telles qu’AXA et SCOR, continuent de stagner dans leurs engagements climatiques. Malgré leur position de pionniers sur le charbon, elles échouent à adopter des politiques strictes sur le pétrole et le gaz, notamment sur les terminaux de gaz naturel liquéfié (GNL). Pendant ce temps, des acteurs comme Generali montrent une voie alternative, en excluant presque totalement les projets fossiles de leur portefeuille, et se positionnent comme des leaders dans la transition énergétique.
Cependant, l’inaction volontaire pourrait bientôt laisser place à des régulations plus strictes. La Commission européenne envisage des mesures pour alourdir les exigences de capital des assureurs exposés aux actifs fossiles et pour contraindre ces derniers à publier des plans de transition alignés sur une trajectoire 1,5°C. Ces initiatives, associées à un développement urgent des capacités d’assurance pour les énergies renouvelables, sont essentielles pour éviter un goulot d’étranglement dans le financement de la transition écologique.
L’industrie de l’assurance, à la croisée des chemins, doit décider si elle souhaite rester un obstacle ou devenir un catalyseur de la transition énergétique, lance Insure Our Future. Tandis que certaines entreprises prennent des mesures, les régulateurs et les décideurs publics doivent intensifier leurs efforts pour garantir un avenir où l’assurance joue pleinement son rôle protecteur.








