Nouveau coup de tonnerre pour Nestlé. Un rapport d’août 2024 de l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie, rendu public ce lundi 16 décembre 2024 par France Info, révèle qu’une des marques du groupe, Perrier, utilise de l’eau contaminée. Une nouvelle révélation qui pourrait contraindre Nestlé à arrêter sa production à Vergèze, dans le Gard.
Des bactéries dans les eaux exploitées par Perrier
C’est au tour du site de production des eaux minérales de Perrier, à Vergèze (Gard), d’être sujet à une polémique. Dans son rapport, l’Agence régionale de santé (ARS) d’Occitanie, révélée par France Info, pointe du doigt la qualité des eaux brutes exploitées par la marque Perrier du groupe Nestlé Waters. Le document révèle en effet la présence de micro-organismes dans les eaux souterraines. Or, comme le souligne ledit rapport, « la réglementation exige que l’eau soit microbiologiquement saine et exempte de toute pollution ». Malgré cela, des contaminations bactériennes, notamment d’origine fécale, ont été détectées.
Pour pallier ces insuffisances, Nestlé aurait recours à des dispositifs de microfiltration. Ces filtres, bien qu’améliorant les eaux commercialisées, masquent, selon l’ARS d’Occitanie, la qualité des eaux exploitées par Perrier. « Les microfiltres n’ont pas d’effet de rétention sur les virus », souligne le rapport, qui s’inquiète d’un risque pathogène, comme l’hépatite A ou les norovirus, pour les consommateurs.
La fin de Perrier ?
Cette situation s’ajoute à une liste de scandales qui grossissent pour le groupe suisse. En janvier 2024 déjà, Nestlé avait été épinglée pour forages non autorisés et l’utilisation de traitements interdits depuis 15 ans sur plusieurs de ses sites en France regroupant ainsi 4 marques du groupe Nestlé Waters : Hépar, Vittel, Contrex et Perrier. Malgré les alertes de l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses), ces pratiques ont perduré jusqu’en 2023, avec l’aval du gouvernement, selon un compte-rendu consulté par France Info. Le préfet du Gard, Jérôme Bonnet, a reçu pour mission de « contrôler le bon démantèlement des traitements interdits » et de « vérifier les pratiques de fabrication des produits ».
Nestlé avait affirmé avoir mis en place un plan de transformation pour se conformer aux exigences réglementaires. Pourtant, lors d’une inspection inopinée menée au printemps 2024, les inspecteurs n’ont pu exclure l’existence de dispositifs non conformes. « Les conditions de l’inspection n’ont pas permis de s’assurer qu’aucun autre dispositif illégal ne soit dissimulé », stipule le rapport. En parallèle, en avril 2024, et par mesure de précaution, pas moins de 3 millions de bouteilles ont été détruites. Comme l’indiquent Le Monde et Radio France, Perrier pourrait perdre son label d’eau minérale naturelle. La préfecture du Gard, pour sa part, a la charge d’accorder ou non le renouvellement de l’exploitation du site de Vergèze à Nestlé Waters. Selon nos confrères de France Info, sa décision sera rendue d’ici au premier semestre de l’année 2025.








