Le « délit de solidarité » entraine-t-il des procès politiques ?

Dans les colonnes du quotidien spécialisé dans le droit Dalloz, un avocat du barreau de Paris estime que le délit d’aide à l’entrée irrégulière ou « délit de solidarité » estime qu’il s’agit d’un délit politique. Il fait reposer son raisonnement sur le concept de « valeur sociale protégée ».

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Le « délit de solidarité » entraine-t-il des procès politiques ?
Le « délit de solidarité » entraine-t-il des procès politiques ? © RSE Magazine

Il s’agit d’un article d’un avocat de la défense. C’est dans cet état d’esprit qu’il faut lire l’article de Vincent Brengarth publié sur le site du quotidien juridique Dalloz . Cet avocat du barreau de Paris s’appuie sur le procès de sept personnes jugées les 8 et 9 novembre à Gap pour délit d’aide à l’entrée irrégulière. « Ce procès, auquel j’ai participé dans les rangs de la défense, aura mis en exergue le caractère éminemment politique du « délit de solidarité ». Les faits reprochés s’inscrivent dans un contexte marqué par des violations persistantes des droits de l’homme sur les migrants à la frontière italienne, notamment confirmées par le rapport du 19 juin 2018 de la Commission nationale consultative des droits de l’homme » commence le texte.

Si évidemment, l’opinion est sujette à caution et est très largement discutée, la rhétorique mérite tout de même d’être relevée. D’autant qu’il l’organise autour d’un principe de droit : « En droit pénal, les infractions se définissent généralement par rapport à des « valeurs sociales protégées ». Pour illustrer le propos, la « valeur sociale » protégée par l’infraction d’homicide est ainsi la vie, celle protégée par l’infraction de vol est la propriété ».

« Pourtant, rien ne permet d’être catégorique sur la valeur sociale protégée par le délit d’aide à l’entrée irrégulière. En réalité, l’infraction n’est pas considérée comme une bienveillance envers des migrants, qui pourraient être exploités par des réseaux mal intentionnés, mais plutôt comme étant relative à la protection de l’ordre public au travers de la frontière. À cet égard, le délit est intégré dans une partie du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile relative aux contrôles. La « valeur sociale » est ainsi purement abstraite et presque administrative mais, plus encore, fonction de la politique migratoire exercée par un gouvernement dont la sensibilité politique évolue » continue l’avocat.

Lire ici en intégralité l’article sur le site de Dalloz

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