L’été 2024 a offert un épisode météo hors du commun sur le Svalbard (archipel de l’Arctique norvégien). Pendant six semaines, une vague de chaleur intense a entraîné la disparition de 62 gigatonnes de glace, un record qui frôle le double des précédents. Ce phénomène soulève de sérieux soucis quant au réchauffement planétaire et à ses répercussions sur la fonte des glaces.
Un archipel en première ligne
Au Svalbard, où plus de la moitié du territoire se recouvre de glace, le réchauffement s’accélère à un rythme sept fois supérieur à la moyenne mondiale. Depuis 1985, les marges glaciaires ont reculé de plus de 800 km². En août 2024, on a enregistré une moyenne de 11 °C, bien au-dessus des 7 °C habituels des décennies passées. Ces températures extrêmes ont même provoqué un gonflement record du sol, avec des mesures atteignant 16 millimètres sur certains sites.
Parmi les facteurs qui expliquent cette fonte massive, on compte le réchauffement climatique, des vents chauds venant du sud et une météo bloquée pendant plusieurs semaines. Le mélange de ces éléments a fait varier les températures de façon marquée, renforçant ainsi le phénomène de fonte.
Retombées et analyses
La fonte enregistrée cet été a fait monter le niveau moyen des océans d’environ 0,16 millimètre pour cette seule période. Pour mesurer ce phénomène, les chercheurs se sont appuyés sur des relevés de terrain, des données satellitaires ainsi que sur des modèles climatiques avancés. Il apparaît que la perte de glace est presque entièrement due à la fonte en surface.
Une étude menée par l’université de Bristol, publiée dans la revue Nature Communications, indique que 91 % des glaciers du Svalbard ont diminué de manière significative. Le Dr Tian Li, auteur principal, déclare : « Le recul des glaciers ces dernières décennies est impressionnant… une région qui se réchauffe jusqu’à sept fois plus rapidement que la moyenne mondiale. » Pour mener cette recherche, l’équipe a utilisé l’intelligence artificielle, analysant des millions d’images satellites pour repérer les changements de forme et les positions mouvantes des glaciers.
Avenir et retombées mondiales
Les prévisions météo suggèrent que ces étés exceptionnellement chauds risquent de se multiplier d’ici la fin du siècle. Dans un scénario à faibles émissions, plus de la moitié des étés à venir franchirait ce palier d’ici 2100. Même si l’on prévoit une augmentation des chutes neigeuses, celle-ci ne compensera probablement pas les pertes estivales.
Jonathan Bamber insiste sur le rôle majeur du vêlage dans la santé des glaciers en affirmant : « Le vêlage reste un processus mal modélisé et mal compris. » Par ailleurs, avec le recul accéléré des glaciers, il est crucial de sauver les glaciers.
Réflexions sur le réchauffement global
Le cas du Svalbard ne se limite pas à lui-même. En Terre de Feu, une grotte de glace renommée s’est effondrée récemment, tandis que le service européen Copernicus et l’Organisation météorologique mondiale ont annoncé que le seuil de +1,5 °C du réchauffement moyen global serait franchi dès entre 2023 et 2024.








