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22/01/2020

​Concentration des richesses : les milliardaires ne sont pas les seuls privilégiés




La publication du rapport Oxfam sur la répartition des richesses fait grand bruit. Mais si les chiffres sont très parlants sur la concentration des richesses dans les mains de quelques milliardaires, ils le sont tout autant sur le fait que la plupart de ceux qui s’en offusquent sont issus de l’infime minorité des privilégiés. Cécile Duflot, présidente d’Oxfam France et ses 265 000 euros de patrimoine fait par exemple partie de la deuxième catégorie la mieux lotie.


Creative Commons - Pixabay
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Les chiffres illustrent mais peuvent aussi tromper. Le rapport de l’ONG Oxfam jette un pavé dans la mare en montrant que la concentration des richesses s’accentue année après année. Avec quelques chiffres clés, on comprend la progression par rapport à l’année précédente. Pour l’édition 2020 du rapport on apprend que « 1% des plus riches de la planète possèdent plus de deux fois les richesses de 6,9 milliards de personnes ». Le chiffre est fort. L’autre slogan abondamment repris par la presse « Si quelqu’un avait pu économiser l’équivalent de 8 000 euros par jour depuis la prise de la Bastille (14 juillet 1789), il n’arriverait aujourd’hui qu’à 1 % de la fortune de Bernard Arnault. » Ces chiffres font mouche mais gagneraient à être moins racoleur pour mieux mettre en valeur la réalité des inégalités de richesses.
 
Car à y regarder de plus près, c’est bien la principale leçon des statistiques concernant la pauvreté. Il existe déjà un gouffre entre les personnes les plus pauvres et les personnes simplement aisées dans les pays post industriels. Et il y a quelque chose d’indécent à voir des très riches, s’en prendre aux très très riches sous prétexte qu’ils concentrent plus de richesses. Comme le fait judicieusement remarquer Le Point, Jean-Luc Mélenchon a été un des premiers à réagir en remarquant ironiquement que « ça ruisselle fort selon Oxfam ». Or, le député de la France insoumise est dans la catégorie qu’il fustige lui-même. « Car, selon la méthodologie retenue par l'ONG et le Credit Suisse, on entre dans le club très fermé des 1 % les plus riches à partir de 1 million de dollars de patrimoine…Ce qui équivaut au patrimoine déclaré par le leader de La France insoumise dans sa déclaration de ressources transmise à la HATVP en 2017. Quelques éléments du rapport de Credit Suisse, qu'Oxfam a choisi de ne pas mettre en avant, sont pourtant intéressants. Aujourd'hui, 57 % des adultes dans le monde, soit 2,8 milliards de personnes, ont une richesse inférieure à 10 000 dollars. Le segment suivant (une fortune de 10 000 à 100 000 dollars), a triplé de taille en 19 ans, passant de 514 millions de personnes en 2000 à 1,7 milliard en 2019. La fortune moyenne de ce groupe, porté par la prospérité croissante des économies émergentes, est de 33 530 dollars » écrit le magazine.

A ce titre, il est aussi intéressant de remarquer que la responsable française d’Oxfam elle-même est dans la deuxième catégorie selon le patrimoine qu’elle avait déclaré en 2013. 





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