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16/01/2017

Néonicotinoïdes : Greenpeace tire la sonnette d'alarme




Les risques des pesticides néonicotinoïdes pour les abeilles ne sont pas un sujet nouveau. En tant qu'insectes pollinisateurs, les abeilles sont un maillon indispensable de notre chaîne alimentaire : pour Greenpeace, ils représente jusqu'à 75 % de notre alimentation dépend directement ou indirectement de la pollinisation. Pour l'organisation non-gouvernementale, "nous devons impérativement protéger les pollinisateurs contre la menace des pesticides".


Source : Pixabay, image libre de droits.
Source : Pixabay, image libre de droits.

En 2013, selon Greenpeace des études scientifiques ont poussé l'Union européenne à interdire partiellement quatre pesticides parmi les plus nocifs pour les abeilles (la clothianidine, l'imidaclopride, le thiaméthoxame, qui sont des néonicotinoïdes, et le fipronil). Cette interdiction portait notamment sur les applications et les cultures qui attirent particulièrement les abeilles et les usages au cours desquels elles sont les plus exposées.

Depuis 2013, date d'entrée en vigueur de l'interdiction partielle, de nouvelles recherches ont été menées sur les néonicotinoïdes et leurs impacts. Greenpeace a demandé à l'université du Sussex, une institution scientifique reconnue pour son travail sur les pollinisateurs, d'établir une synthèse de ces recherches. Deux scientifiques indépendants ont ainsi analysé des centaines d'études et les ont compilées en un seul et même rapport. Ce rapport dresse un tableau de la situation bien inquiétant : les néonicotinoïdes représentent un grave danger non seulement pour les abeilles mellifères, mais aussi pour de nombreuses autres espèces animales, notamment de bourdons, de papillons, d'oiseaux et d'insectes aquatiques.

 

 


L'agriculture industrielle, une menace pour la biodiversité ?

Pour Greenpecae, certaines espèces de bourdons sont déjà en déclin, voire en train de disparaître. Des traces de néonicotinoïdes ont été retrouvées dans des plantes sauvages, butinées par les bourdons, se trouvant à proximité de cultures traitées, ainsi que dans des points d'eau (fossés, flaques, étangs, ruisseaux de montagne, rivières, zones humides temporaires ou fonte des neiges), les nappes phréatiques et les rejets des stations de traitement des eaux. Les données disponibles pour d'autres espèces sont tout aussi préoccupantes. De nombreuses espèces de papillons, de coléoptères et d'oiseaux insectivores, tels que les moineaux et les perdrix, entrent en contact avec les pesticides, directement ou par le biais de la chaîne alimentaire. Les insectes aquatiques peuvent aussi être exposés aux néonicotinoïdes par le biais de la lixiviation des sols agricoles, des poussières générées par le semis et les pulvérisateurs, et des systèmes d'irrigation des serres. Ces substances toxiques s'immiscent partout dans notre environnement, et pas seulement dans les champs.

Le déclin des pollinisateurs n'est qu'un symptôme de l'échec de l'agriculture industrielle, qui, selon Greenpeace, aggrave la perte de biodiversité, détruit les zones de butinage et se dope aux produits chimiques toxiques. Les pollinisateurs sont régulièrement exposés aux insecticides, aux herbicides et aux fongicides. Le parlement français a interdit totalement les néonicotinoïdes à partir de 2018, avec des dérogations possibles jusqu'en 2020. Si nous voulons vraiment les protéger, il est temps d'agir au niveau européen : la Commission européenne doit interdire totalement les pesticides tueurs d'abeilles, en commençant par les trois néonicotinoïdes (l'imidaclopride, le clothianidine et le thiaméthoxame) pour lesquels on dispose du plus d'éléments scientifiques. Pour briser le cercle de notre dépendance aux pesticides chimiques de synthèse, nous devons nous tourner vers des alternatives écologiques.






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