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28/06/2012

Japon : la dépendance au nucléaire est-elle plus forte que l'opinion publique ?




Un an après la catastrophe de Fukushima, le gouvernement japonais a annoncé sa volonté de relancer les réacteurs nucléaires, stoppés le 5 mai dernier. En effet, quelques jours seulement après cet arrêt, les discours en étaient déjà à la reprise, et ce, malgré le mécontentement de la population japonaise.


Japon : la dépendance au nucléaire est-elle plus forte que l'opinion publique ?

Le Japon veut conserver le nucléaire

Depuis le 5 mai 2012, date à laquelle les 54 réacteurs du pays avaient été stoppés, le Japon enregistre pour la première fois depuis les années 80, un déficit commercial. Et pour cause, le pays a dû considérablement augmenter ses importations d'énergie fossiles pour combler le manque d'énergie induit par l'arrêt des réacteurs. Ces derniers fournissaient jusqu'alors, près de 30 % de l'électricité du pays. Ainsi, pour combler ce besoin en électricité, le Japon importe désormais 20 % de pétrole en plus, mais également 37 % de gaz supplémentaires et plus 16 % de charbon. Sans oublier de parler de l'impact carbone que l'utilisation croissante de ces énergies induit, c'est sur la menace de pénurie que le Japon tente de faire accepter sa volonté de redémarrer le nucléaire. Le gouvernement envisage malgré tout de réduire à terme la part du nucléaire en le remplaçant essentiellement par des énergies renouvelables. Mais d'ici là, il faudra bien combler les manques et réduire la dépendance du pays aux énergies fossiles, et surtout aux autres pays. Et ce, malgré l’hostilité du peuple.

Les Japonais se mobilisent

Le correspondant du quotidien "Days Japon" à Paris a récemment témoigné de la forte mobilisation des Japonais à l'encontre du nucléaire. Une mobilisation qui s'est renforcée à l'annonce par le gouvernement japonais, de sa volonté de relancer plusieurs réacteurs dès le mois d'avril 2012. Ainsi, plusieurs mouvements citoyens se sont mis en place, et l’on a pu constater une mobilisation imposante à Tokyo le 11 mars 2012, jour de la commémoration de la catastrophe de Fukushima. Mais visiblement, le gouvernement nippon ne tient pas compte des revendications de la population, faisant pression sur l'autorité de sureté nucléaire pour réduire les deux stress tests prévus avant la relance des réacteurs, à un seul. Pour l'heure, aucun réacteur n'a été remis en route, mais le gouvernement japonais semble persévérer dans son ambition de redonner une place au nucléaire. Pas moins de 80 % de la population y sont pourtant opposés, et certains analystes comme Kolin Kobayashi expliquent qu'une reprise du nucléaire n'est financière pas possible pour l'État.

Les citoyens s’informent et agissent sans l’État

Depuis la catastrophe de Fukushima, les divergences entre les rapports émis par l'État japonais et la réalité, notamment en matière de contamination, n'ont cessé d'alimenter la défiance des citoyens. Ainsi, depuis la catastrophe, pas moins d'un millier de laboratoires citoyens s’est créé avec l'aide de certaines ONG et grâce à la mobilisation de différents corps de métiers comme des médecins et des scientifiques. Des données pour le moins différentes de celles annoncées par l'État ont ainsi été mises à jour, et les citoyens se sont organisés et prémunis des risques nucléaires par le biais de ces informations. Des informations que l'État s'est empressé de qualifier de rumeurs, mais qu'il a fini par avaliser. Ainsi, divers commerçants ont pris des initiatives de contrôle plus drastiques que celles imposées par l'État. Certains comme les supermarchés AEON ont par exemple décidé de ne tolérer aucune contamination dans leur produit alimentaire, alors que le gouvernement a lui, imposé une tolérance en termes de radiation.




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