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03/11/2016

Catastrophe de Chiloé, Greenpeace accuse le gouvernement chilien




Après avoir enquêté pendant quatre mois, l’ONG Greenpeace Chili s’apprête à publier un rapport d’analyse qui conclue que le gouvernement chilien a autorisé l’industrie du saumon à utiliser des substances polluantes. Un laisser faire lourd de conséquences.


Source Greenpeace
Source Greenpeace
C’est une enquête explosive pour le Chili que l’ONG Greenpeace s’apprête à publier. « Après quatre mois d'enquête, Greenpeace a publié son rapport d'analyse sur la catastrophe environnementale de l'île de Chiloé, au Chili. Conclusion : le gouvernement chilien a trahi Chiloé en autorisant l'industrie salmonicole à polluer la mer, compromettant ainsi les moyens de subsistance des communautés locales et l'habitat d'espèces uniques » annonce l’association.
 
Des accusations graves qui reposent sur un certains nombre d’éléments factuels récoltés par les militants. « Si, comme le montrent les données satellite, des nappes d'algues toxiques étaient déjà présentes dans la zone début 2016, le déversement de saumons en décomposition a joué le rôle de « catalyseur » en augmentant l'étendue et l'intensité de ces nappes.
Les saumons en décomposition produisent de l'ammonium (NH4) en grande quantité. Or il se trouve que cette molécule est l'aliment préféré des algues toxiques à l'origine des marées rouges. Le déversement de 5000 tonnes de saumons pourris a donc stimulé le développement de ces micro-organismes toxiques » explique le texte.
Par ailleurs, poursuit Greenpeace, « le gouvernement a décidé, en moins de 24 heures, d'autoriser les centres d'élevage à déverser en mer 9000 tonnes de saumons en décomposition (sur lesquelles 5000 ont effectivement été déversées). Pourtant, les autorités savaient que des algues toxiques proliféraient déjà dans la région à ce moment-là. Elles auraient donc dû analyser les effets qu'auraient ces déversements sur les algues, l'écosystème marin ainsi que la population de l'île dont les ressources dépendent de la pêche. De plus, les habitants de l'archipel n'ont été ni informés ni consultés. »

Une catastrophe écologique qui s’explique notamment par une politique de soutien de l’industrie du saumon sans volonté de diversification. Alors que, arguent les militants, « La salmonicutlure n'est pas sans impact sur l'environnement. L'utilisation massive d'antibiotiques et de produits chimiques pour prévenir ou traiter les maladies du saumon, mais aussi l'alimentation des saumons (il faut 3 kg de poisson pour produire 1 kg de saumon) et les déjections des saumons sont autant de facteurs qui pèsent sur l'écosystème et modifient la composition de la colonne d'eau, favorisant le développement des micro-algues responsables des marées rouges. »
 





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