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03/12/2010

Atlas de la démographie médicale française 2010

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Le Conseil National de l’Ordre des Médecins présente la quatrième édition de l’Atlas de la démographie médicale, réalisé à partir des chiffres du Tableau de l’Ordre au 1er janvier 2010. Cette année, les indicateurs montrent un écart croissant entre les médecins entrants et sortants, soulevant des inquiétudes quant au renouvellement des effectifs des professionnels de santé. Parallèlement, le désintérêt pour l’exercice libéral se confirme, malgré l’évolution du nombre de médecins de nationalité européenne et extra-européenne inscrits au Tableau de l’Ordre. Par ailleurs, l’augmentation du nombre de médecins remplaçants illustre les craintes et les attentes des nouvelles générations dans le choix de ce mode exercice.


Atlas de la démographie médicale française 2010
Pour la quatrième année consécutive, le CNOM rend publiques les données de son Atlas de la démographie médicale française, qui révèlent un écart croissant entre le nombre de médecins entrants (+1,8% en un an) et sortants (+6,6% en un an). Au 1er janvier 2010, sur 261 378 médecins inscrits au Tableau de l’Ordre, 44 928 médecins étaient retraités dont 5 612 actifs, soit une part de 17% de l’ensemble des effectifs.

L’Atlas 2010 confirme que l’activité libérale reste peu attractive auprès des nouvelles générations de médecins. En effet, seulement 8,6% des nouveaux inscrits entre le 1er janvier et le 31 décembre 2009 ont choisi ce mode d’exercice. Ce désintérêt impacte tant la médecine générale que les autres spécialités. A titre d’illustration, parmi les nouveaux médecins inscrits, seuls 4,4% des radiologues et 9% des ORL ont choisi l’exercice libéral.

Une évolution préoccupante du nombre de médecins remplaçants

Au 1er janvier 2010, le Tableau de l’Ordre recensait 10 006 médecins remplaçants (4,5% des médecins en activité) dont 6 003 qui ne se sont jamais installés. Entre 2007 et 2010, leur nombre s’est accru de 9,1%. Face à cette évolution notable, la section Santé publique et démographie médicale du CNOM a procédé à deux enquêtes qualitatives auprès de cette catégorie de médecins, afin d’identifier leurs besoins et leurs attentes professionnels.

Il s’agit majoritairement de médecins jeunes (un sur deux ayant moins de 34 ans), à dominante féminine (66% sont des femmes). Pour ces médecins, le remplacement constitue un mode d’exercice proche du plein temps, puisque près de 80% d’entre eux travaillent plus de 6 mois par an. Si les hommes privilégient les remplacements sur le long terme (période supérieure ou égale à 6 mois), 50% des femmes travaillent moins de 3 jours par semaine. Par ailleurs, 82,8% d’entre eux exercent dans le secteur libéral, seul ou en cabinet de groupe.

Concernant le projet professionnel des médecins remplaçants, 45% d’entre eux envisagent de s’installer à plus ou moins court terme, privilégiant l’exercice de groupe (85%) en zone urbaine (76%). L’engouement pour cette activité suscite de véritables inquiétudes pour les médecins qui exercent seuls en zone rurale car ils trouveront difficilement des successeurs. A contrario, 32% souhaitent poursuivre cette activité ou diversifier leurs modes d’exercice salarié, libéral et/ou hospitalier.

Contrairement aux idées reçues, ce n’est pas la recherche d’une rémunération conséquente ni celle de temps libre qui prime dans le refus de l’installation, mais bien les problèmes d’organisation du travail et le poids des charges administratives. Les médecins retraités remplaçants jouent un rôle important en matière de continuité des soins. Ils attirent cependant l’attention sur le niveau de leurs charges sociales.

Mise en place d’un Observatoire de veille démographique

Fort de ce constat, le CNOM a mis en place au printemps dernier l’Observatoire de veille démographique qui joue un rôle d’intermédiaire entre les médecins qui souhaitent s’installer et les élus locaux préoccupés par l’offre d’accès aux soins sur leur territoire.

Le choix d’exercice des médecins de nationalité européenne et extra-européenne

Bien que le nombre de médecins de nationalité européenne et extra-européenne inscrits au tableau de l’Ordre augmente chaque année ; ces nouvelles arrivées ne pallient pas le manque de médecins en zone désertifiée et ne comblent pas non plus la désertion de l’exercice libéral. 2/3 de ces confrères ont choisi d’exercer en activité salariée et affichent une nette préférence pour les régions à haute densité médicale.

Concernant le recrutement par des « agences spécialisées » offrant leurs services aux municipalités en recherche de médecins , le Conseil National, une fois encore, émet les plus grandes réserves sur ces pratiques et appelle à la prudence les élus , les exemples de déconvenue étant malheureusement fréquents.

Les projets pour 2011

En 2011, la section Santé publique et démographie médicale du CNOM réalisera une nouvelle publication des Atlas Régionaux.

Toutefois l’atlas 2010 a anticipé cette analyse en déclinant spécialité/spécialité, les données quantitatives à l'échelle des bassins de vie.



Le CNOM et la démographie médicale

Le Conseil National de l’Ordre des Médecins s’investit depuis 30 ans dans la problématique de la démographie médicale. Depuis 2007, le CNOM publie chaque année un atlas national de la démographie médicale permettant ainsi d’établir annuellement un état des lieux de la densité et de la répartition des médecins de façon générale mais également spécialité par spécialité. La qualité de ces publications, reconnue sur le plan national et souvent repris comme référence par le parlement européen, vaut à l’Ordre d’être reconnu comme un véritable expert de la démographie médicale.




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