Des fonctionnaires épinglent des conditions inhumaines dans la prison de Fresnes

Sébastien Arnaud
14/12/2016


Des fonctionnaires chargés du contrôle des prisons dressent un tableau des horreurs de la prison de Fresnes qu’ils ont visité début octobre. Violences, manque d’hygiène, promiscuité la liste est longue pour un problème de notoriété publique depuis des années.



DR CGLPJ
Il manque des places et les conditions de vie sont déplorables. Rappeler ces faits relève aujourd’hui de l’évidence tant la situation des prisons françaises est connue de tous. Pourtant, quand des photos viennent montrer la réalité de la situation, c’est un scandale national qui se prépare avec une reprise par tous les médias.

Début octobre, des fonctionnaires qui dépendent du Contrôleur général des lieux de privation de liberté (CGLPJ) ont visité pendant deux semaines la prison de Fresnes en région parisienne. Le constat dressé par le controleur, Adeline Hazan, est alarmant. Cette dernière relève que a surpopulation a atteint des niveaux « inacceptables », que des rats se mêlent aux prisonniers et que les surveillants utilisent de manière habituelle la violence.

Atteintes aux droits de l’homme

« Ils ont relevé dans la maison d'arrêt pour hommes des "dysfonctionnements graves qui permettent de considérer que les conditions de vie des personnes détenues constituent un traitement inhumain ou dégradant", contraire à la Convention européenne des droits de l'homme » note lL’Obs.

Fresnes est un cas particulièrement alarmant. Construit à la fin du XIXème la prison présente un taux d’occupation de 188% avec 3 000 détenus soit une augmentation de 52% en seulement dix ans. Comme le montre la photo des agents du CGLPJ, la plupart des détenus s’entassent à trois dans des cellules de 10m2. Soit des conditions qui ne répondent pas aux normes européennes de prévention de la torture.
 
« Soumis à un "climat de tension permanente", les surveillants ont développé "un usage banalisé de la force et des violences". A Fresnes, "la fouille à corps devient la règle et non l'exception" et le personnel peut placer "pendant de longues heures" les détenus dans des "salles d'attente" surnommées "placards", sans sanitaire ni point d'eau. Trois surveillants ont récemment fait l'objet de mesures disciplinaires, relèvent les contrôleurs » poursuit le magazine.