​RSF s’inquiète du recul de la liberté de la presse en Afghanistan

Sébastien Arnaud
16/08/2022


Reporters sans frontières (RSF) publie une étude qui fait le point sur la première année de retour au pouvoir des talibans en Afghanistan. Sans surprise, le recul de la liberté de la presse est historique, avec pour paradoxe une ouverture relatives aux journalistes étrangers.



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Si les journalistes étrangers se rendent encore en Afghanistan, pour les locaux la situation est tout autre. C’est ce que nous apprend Reporter sans frontières (RSF) dans une étude publiée sur la liberté de la presse dans le pays. « Son étude met en lumière la fermeture de 39,59 % des médias du pays, ainsi que la perte de 59,86 % de ses journalistes, en particulier des femmes journalistes qui ont totalement disparu dans 11 provinces. Trois professionnelles des médias sur quatre ont perdu leur emploi. Et cela, dans un contexte de crise économique aiguë et d'une forte répression de la liberté de la presse. Un an après la chute de Kaboul et l'instauration de l'Émirat islamique d'Afghanistan, le bilan établi par Reporters sans frontières (RSF) est sans équivoque. Le 15 août 2021, le pays comptait 547 médias. Un an plus tard, 219 ont cessé leurs activités. Sur 11 857 journalistes recensés avant l'arrivée au pouvoir des talibans, il n'en reste aujourd'hui que 4 759. Les femmes journalistes sont les premières victimes de cette onde de choc : 76,19 % d'entre elles ont perdu leur emploi » explique l’ONG.
 
C’est tout le paradoxe des Talibans qui avaient bien annoncé la couleur du pouvoir qu’ils mettraient en place et donc la communication officielle assume les restrictions imposées. « En Afghanistan, le journalisme a subi une véritable hécatombe depuis un an. Médias et journalistes sont sous le joug de réglementations iniques limitant la liberté de la presse et ouvrant la voie à la répression et à la persécution. Les autorités doivent s'engager à mettre un terme aux violences et aux pressions que subissent les professionnels des médias, et à les laisser faire leur travail sans qu'ils soient inquiétés » a commenté le secrétaire général de RSF, Christophe Deloire.