​MSF s’inquiète des expulsions de migrants par l’Algérie

07/06/2022


Prompte à dénoncer la gestion de ses ressortissants par les pays européens, l’Algérie est dans le viseur de Médecins sans frontières (MSF) après que près de quinze mille personnes ont été refoulées et abandonnées en plein désert au Niger.



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Depuis le mois de janvier, l’Algérie a laissé en plein désert à la frontière algéro nigérienne 14 196 migrants. C’est l’ONG Médecins sans frontière qui a tiré le signal d’alarme à ce sujet dans un communiqué alarmant. « Parmi les 2 000 personnes expulsées chaque mois de l'Algérie et de la Libye figurent des blessés graves, des femmes victimes de viols ou des personnes souffrant d'importants traumatismes. Près de 70% des personnes prises en charge par MSF témoignent avoir subi des violences et des abus aux frontières de l'Algérie et de la Libye. » explique le texte.
 
« La gravité des exactions commises sur les migrants est indiscutable. Les témoignages de nos patients et leur état de santé physique et mental à leur arrivée dans nos structures sanitaires prouvent que ces personnes ont vécu des violences extrêmes au cours de leur expulsion des territoires algériens et libyens », commente le responsable de MSF au Niger, Jamal Mrrouch.
 
Le phénomène n’est pas nouveau puisqu’en 2021, 27 208 migrants ont été expulsés par cette même filière, soit 17% de plus qu’en 2020. « Pour les migrants refoulés au Niger, l'accès aux services de base, y compris les soins de santé, devient très compliqué. Depuis 2018, les équipes de MSF organisent régulièrement des missions afin de secourir les migrants perdus ou abandonnés dans le désert. En soutenant plusieurs Centres de Santé Intégrés et cliniques mobiles dans la région d'Agadez, les équipes de MSF assurent des soins de santé gratuits, un appui psychosocial, des références pour les cas compliqués et des évacuations d'urgences. En 2021, plus de 47 000 consultations médicales ont été réalisées, dont 34 276 consultations de santé mentale. Trente-huit corps ont été trouvés entre 2020 et 2021. Face à cette situation, MSF appelle les autorités régionales et leurs partenaires à trouver des réponses urgentes et adaptées pour mettre fin à la maltraitance des migrants refoulés d'Algérie et de Libye dans le désert du Sahel » appuie le communiqué.
 
Ces pratiques sont d’autant plus surprenantes que l’Algérie est un pays de départ important avec des milliers de mineurs qui quittent le pays et des réseaux organisés de passeurs.