​Il faut sauver le soldat Areva

23/02/2015


Déjà peu populaire dans les milieux écologistes, le groupe Areva risque d’être à nouveau au cœur des critiques. En annonçant une perte nette de presque 5 milliards d’euros en 2014, le groupe devrait supprimer des postes et faire appel à l’Etat.



Lundi 23 février, Areva publie en avance d’une semaine les résultats de 2014. L’année passée le leader mondial du nucléaire a ainsi enregistré une perte record de 4,9 milliards d’euros. C’est beaucoup plus qu’en 2013 où la perte avait été de 500 millions d’euros.
 
C’est une très mauvaise nouvelle pour l’image du groupe qui avait déjà été largement écornée ces dernières années, notamment à cause de la personnalité controversée de l’ancienne patronne, Anne Lauvergeon. Après des rapports des Comptes très largement défavorables, cette publication d’une perte nette de quasiment 5 milliards d’euros, avec une intervention de l’Etat plus que probable, devrait donc continuer à accentuer le désamour des militants écologistes pour le géant du nucléaire.
 

Sauver une filière que les écologistes veulent voir disparaître

Il s’agit du montant provisoire, établit par le Comité d’audit et d’éthique, et les chiffres définitifs ne seront pas connus avant le 2 mars. Toujours est-il que dès l’annonce de ces chiffres, le titre a perdu près de 2% en Bourse.
 
Avec des suppressions de postes prévues, et de nombreux défis à relever, le groupe peut s’attendre à de nombreuses attaques des militants et associations anti-nucléaire. Pour eux, l’aubaine est trop belle. Alors que l’on met en avant le nucléaire pour sa rentabilité, son principal acteur est sur le point de coûter beaucoup d’argent à l’Etat. Assister au sauvetage d’une filière qu’ils veulent voir disparaitre, risque bien de déclencher des débats houleux.
 
L’affaire est à suivre de près. Le sauvetage d’Areva pourrait en effet bien vite se transformer en débat sur la position du gouvernement sur la transition énergétique et la place du nucléaire. Dans ce domaine Ségolène Royal a déjà essuyé plusieurs attaques (voir notre article à ce sujet). Reste à voir maintenant comment la ministre va gérer ce dossier qui réunit tous les ingrédients pour ne faire que des mécontents.