Une nouvelle application permet de "cartographier l'environnement sonore"

Sébastien Arnaud
12/09/2017


Tous les possesseurs de smartphone Android pourront bientôt contribuer à un projet de recherche, simplement en enregistrant les bruits qui les entourent. L'objectif ? Établir une cartographie participative de l'environnement sonore.



Source : Pixabay, image libre de droits
Exploitant des algorithmes de traitement du signal, l'application NoiseCapture, développée par des chercheurs du CNRS et de l'IFSTTAR, calcule des indicateurs acoustiques lors des déplacements de l'utilisateur. Ces indicateurs géolocalisés sont ensuite reversés anonymement dans une base de données pour élaborer des cartes de bruit au plus près de la réalité, avec un maillage extrêmement dense. Ces cartes de bruit obtenues à l'aide de smartphones pourront être utilisées par les collectivités afin de mettre en place des plans d'actions plus ciblés, pour préserver ou améliorer la qualité des environnements sonores urbains.

L'application NoiseCapture, développé dans le cadre du projet européen ENERGIC-OD, est un projet participatif qui associe des spécialistes en acoustique environnementale et des spécialistes en sciences de l'information géographique, ce qui a permis aux chercheurs de résoudre des problèmes majeurs comme l'interopérabilité, la qualification et la gestion de données issues de sources hétérogènes (niveaux de bruit, données cadastrales, données statistiques sur les populations...). L'application NoiseCapture s'accompagne en effet d'un système d'information complet qui permet de stocker, interroger, analyser et partager les données collectées. Ce système d'information géographique fonctionne aujourd'hui en temps réel et permettra de construire une base de données pérenne à l'échelle mondiale.

Au-delà des perspectives scientifiques, qui ouvrent des questions autour de l'analyse de la qualité des données, mais également sur la production d'indicateurs ou de nouveaux supports de restitution des résultats, les chercheurs ont été guidés par la volonté d'ouvrir la recherche sur l'environnement sonore au plus grand nombre (citoyens, entreprises, collectivités, services de l'État, scientifiques...). Cette ouverture se traduit par un projet « open science » avec le développement d'outils communs sous licence open source, la diffusion des données anonymes collectées sous licence open data et la publication des résultats de recherche dans des revues en open access.

Les travaux des deux équipes impliquées s'intègrent ainsi dans une démarche de sciences citoyennes. L'objectif à travers le projet NoiseCapture est d'impliquer le citoyen dans la maîtrise de son territoire, notamment en matière de nuisance sonore, condition préalable pour qu'il soit lui-même acteur de l'amélioration de la qualité de son environnement.

L'application NoiseCapture sera présentée au public lors de la Digital Week le 24 septembre prochain à Saint-Nazaire et est disponible depuis le 1er septembre sur tous les téléphones Android.