Réforme SCNF : la position de Hulot exaspère Les Verts

Sébastien Arnaud
09/04/2018


La tribune de Nicolas Hulot dans Le Journal du Dimanche sur la réforme SNCF a déclenché l’ire du secrétaire national d’Europe Ecologie Les Verts, David Cormand. Dans sa réponse publiée par Libération, le patron du parti écolo en ruines affirme que la position du ministre est loin d’être écologiste.



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Nicolas Hulot a été un des leurs et la pilule a du coup d’autant plus de mal à passer. Dans une tribune dans les colonnes du Journal du Dimanche, le ministre de la Transition écologique et solidaire a défendu la réforme du gouvernement sur la SNCF. En mettant en avant des arguments économiques mais aussi écologiques estimant que le train devait être mis en avant. Une position qui ne passe pas du tout chez ses anciens compagnons d’Europe Ecologie-Le Verts. David Cormand, le secrétaire national du parti, s’est fendu d’une tribune de réponse, cette fois dans les colonnes de Libération.

« A sa lecture, difficile d’échapper à un profond sentiment de malaise quand on est écologiste » commence le texte qui liste ensuite tous les dossiers environnementaux en affirmant que le gouvernement fait beaucoup de bruit pour rien dans ce domaine. « Par son silence, Nicolas Hulot avait jusqu’à maintenant essayé d’agir tout en évitant de cautionner les renoncements du gouvernement dont il est censé être le numéro deux. Avec cette tribune, un seuil a été franchi » ajoute David Cormand.

Puis, le responsable écologiste tente de répondre point par point aux arguments de Nicolas Hulot. A propos de l’ouverture à la concurrence : « nous avons déjà un retour d’expérience sur l’ouverture à la concurrence du fret ferroviaire en France : depuis l’ouverture à la concurrence, le volume de marchandises transportées par le rail a été divisé par deux. Selon quelle pensée magique en serait-il autrement pour le transport de voyageurs ? » avance le responsable d’EELV.

Il répond ensuite à la question de la dette, en remettant en question l’idée selon laquelle les effectifs sont en cause puisque ceux-ci ont baissé depuis 10 ans alors que la dette a explosé. « C’est pourquoi une réforme ambitieuse de la SNCF doit prévoir la prise en charge de la dette de la SNCF par l’Etat. Comment financer cette reprise de dette ? Par une redevance camion et aérienne, la nationalisation des autoroutes et la suppression de la niche fiscale accordée au gazole. En clair, les transports qui polluent payent pour les transports qui ne polluent pas ou moins » avance-t-il. Et de conclure à l’adresse de Nicolas Hulot : « Bref, si on «aime le train», c’est une tout autre réforme de la SNCF qu’il faut entreprendre. Les solutions existent. Elles sont écologistes. Encore faut-il que le gouvernement le soit. »