Protection des données : Privacy International saisit la CNIL contre « Doctissimo »

06/07/2020


L’association Privacy International vient d’annoncer qu’elle a déposé plainte auprès de la CNIL contre le site français Doctissimo pour infraction au règlement général sur la protection des données (RGPD).



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Si c’est gratuit, vous êtes le produit. Une fois de plus, cette formule abondamment répétée concernant la gestion des données sur internet s’applique. Privacy International vient de déposer une plainte auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL) contre le site Doctissimo. L’ONG estime que le site médical ne respecte pas le règlement général sur la protection des données (RGPD).
 
« Ce n’est pas la première fois que l’organisation, située à Londres, s’élève contre les pratiques du principal site consacré à la santé en France. En septembre 2019, elle avait passé à la loupe les pratiques de plusieurs sites de santé en Europe, et Doctissimo, appartenant depuis 2018 au groupe TF1, n’apparaissait pas sous son meilleur jour. La plainte adressée à la CNIL reprend, dans les grandes lignes, les constats faits il y a quelques mois. Du côté de Doctissimo, « rien n’a changé, c’est la raison pour laquelle nous avons déposé cette plainte », explique Eliot Bendinelli, expert en technologie pour l’ONG londonienne. Dans la plainte qu’elle a déposée, Privacy International se dit « très préoccupée par les pratiques de Doctissimo (…) dont les traitements de données à caractère personnel concernent au premier plan des millions de personnes en France » et souligne des « infractions particulièrement graves et systémiques » au droit européen sur les données » explique Le Monde.
 
Ces dérives ne sont pas surprenantes. Doctissimo n’a pas d’abonnés payants et les revenus publicitaires en ligne sont en forte baisse. Pour les sites internet dans cette posture, les seuls revenus possibles sont les partenariats ou la collecte d’informations sur les visiteurs du site, pour permettre de la pub ciblée en les transmettant en continu à des partenaires. « Une pratique qui peut conduire à l’envoi de données sensibles. Privacy International relève aussi que Doctissimo se réserve le droit de partager des informations liées à ses visiteurs avec 557 entreprises différentes. Plus spécifiquement, sur les pages consacrées à la dépression, des informations sont envoyées à 41 sites partenaires différents, la plupart à des fins publicitaires, et comportent 23 cookies appartenant à dix entreprises différentes » précise le quotidien.