Primes de conversion : les constructeurs vont participer au dispositif

29/10/2018


Le gouvernement annonce que les constructeurs ont accepté de participer à la « prime de conversion ». Les conditions de cette proposition aux consommateurs ne sont pas connues mais doivent encourager à se débarrasser des véhicules les plus polluants.



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D’un point de vue comptable aujourd’hui, rares sont les automobilistes qui ont intérêt à se tourner vers l’électrique ou de nouveau modèles peu consommateurs. Difficile dans ces conditions d’espérer une véritable métamorphose du parc automobiles. Les personnes les plus aisées et les citadins sont pour l’heure largement surreprésentés sur le marché de l’électrique et de l’hybride. Raison pour laquelle le gouvernement a bataillé pour inclure les constructeurs dans l’élaboration d’une prime de conversion. « Cette prime reste pour l’instant limitée à 1000 ou 2000€ en fonction des revenus des ménages, elle peut même monter à 2500€ pour l’achat d’un véhicule électrique. C’est à la fois trop et trop peu. Trop pour les finances publiques, qui sont en ce moment débordées par la demande : plus de 70.000 personnes attendent depuis quatre mois le versement de leur prime, parce que l’agence en charge du versement ne dispose pas des fonds nécessaires. 500.000 primes étaient envisagées sur l’ensemble du quinquennat, 250.000 sont déjà déclarées en quelques mois à peine. Bercy pensait contenir la dépense à quelques centaines de millions d’Euros, et pourrait finalement se retrouver avec plus d’1 milliard à payer » raconte BFMTV.

Une situation intenable pour le budget et même politiquement alors que le mécontentement sur l’augmentation des prix des carburants est de plus en plus audible. Comme pour faire passer la pilule, Bruno Le Maire, ministre de l’Economie, a accompagné son annonce de confirmation d’augmentation continue du diesel et de l’essence par l’annonce de la contribution des constructeurs. « Dans ces conditions il ne reste qu’à mettre les constructeurs à contribution. C’est déjà le cas avec un durcissement du malus sur les plus grosses cylindrées (les constructeurs devront arbitrer entre une répercussion intégrale sur les prix des véhicules ou une réduction de leurs marges) qui doit permettre de dégager 40 millions d’Euros supplémentaires pour un total porté à 610 millions l’an prochain » continue la chaine d’infos qui doute fortement de l’efficacité du procédé. « Mais cela sera sans doute amplifié dans des conditions qui restent donc à définir, et qui ne seront pas trop douloureuses pour les constructeurs. Beaucoup d’entre eux ont déjà de telles réductions commerciales dans leur arsenal de vente, il suffira de les convertir en « prime gouvernementale » pour faire plaisir au gouvernement et lui permettre d’affirmer qu’il « entend la colère des français ». »