Pour EDF, le nucléaire reste un secteur d’avenir

Sébastien Arnaud
10/03/2020


Face aux associations et militants anti-nucléaire, EDF peaufine son discours mais assume de continuer à miser sur les nucléaires pour encore des décennies.



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EDF va remplacer ses centrales nucléaires par des centrales nucléaires. Voilà ce que l’on retient des déclarations du président du groupe, tels qu’ils sont rapportés par Challenges. Dans un reportage de fin janvier, le magazine a rencontré Jean-Bernard Lévy qui a défendu la filière nucléaire quitte à s’en prendre au monde politique qui a mis comme objectif l’éloignement de cette source d’énergie dans les prochaines années. « Chacun peut juger de la pertinence de la décision, poursuit-il. Deux présidents de la République successifs se sont engagés à fermer Fessenheim et dans la démocratie, cet engagement se traduit dans les faits. La décision n’est bien sûr pas prise sur le motif d’une rationalité économique mais d’un programme politique qui s’applique » a-t-il déclaré. 
 
« Dont acte. Pour faire passer le mix électrique du nucléaire de 70 à 50 % d’ici à 2035, EDF va devoir arrêter douze autres réacteurs. La liste qui a été récemment publiée par l’électricien tient compte de la date de mise en service des réacteurs et de la volonté du gouvernement de ne pas fermer de sites nucléaires - Fessenheim restant l’exception. Mais par quoi remplacer ? Sans surprise, Jean-Bernard Lévy répond qu’il espère les remplacer par de nouveaux réacteurs. Des EPR » commente Challenges . Et de citer le PDG : « Aujourd’hui, le gouvernement n’a pas pris la décision de construire de nouvelles centrales. Nous devons lui remettre mi-2021 un dossier complet. On se propose de construire sur trois sites deux réacteurs pour un total de 10 gigawatts. Quelles que soient les évolutions technologiques, si la France veut atteindre la neutralité carbone, il faut construire assez vite six réacteurs. »
 
De son côté la position qui tranche du gouvernement reste de mettre le 100% renouvelable en ligne de mire. Dans un exercice de rhétorique bien maitrisé, Jean-Bernard Lévy ne dit pas non s’interroge. « Le moment venu, nous donnerons notre opinion sur ce que voudrait dire en termes de faisabilité, de coûts, de risques un programme dans lequel on se passerait totalement de nucléaire. Si on se projette cinquante ans en avance, il ne faut pas dire que c’est impossible. Regardons aujourd’hui quels sont les obstacles. Et si on doit cheminer dans cette direction, ayons en tête que c’est peut-être une cible. » 
 
Lire ici en intégralité l’article de Challenges cité