Pas d’interdiction mais un encadrement de la pêche profonde

11/12/2013


Le Parlement européen a décidé de s’aligner sur la Commission des pêches et d’interdire la pêche profonde dans les zones aux écosystèmes fragiles. L’abandon total est exclu mais une clause prévoit une réévaluation de la situation dans quatre ans.



Thomas Dutronc pose nu avec d'autres célébrités pour sensibiliser contre la pêche profonde - DR Denis Rouvre
La pêche en eaux profondes ne sera finalement pas interdite par l’Union européenne. Les députés ont rejeté mardi 10 décembre à 342 voix contre 326 l’interdiction totale de la pratique. Les élus ont cependant suivi la recommandation de la Commission des pêches. Elle avait demandé le 4 novembre l’interdiction du chalutage en eaux profondes dans les zones aux écosystèmes jugés fragiles.

Les associations se sont déclarées déçues par cette décision qui, selon elles, ne prend pas suffisamment en considération les dangers pour l’écosystème. Le rapport parlementaire de novembre affirmait dans ce sens que la pratique avait provoqué « l’épuisement de certains stocks de poissons d’eau profonde en seulement quelques années ».

Clause de réévaluation dans cinq ans

Les élus européens souhaitent que des données plus précises soient collectées sur les stocks disponibles de poissons en eaux profondes. Il faut étudier plus précisément les écosystèmes pour ensuite être en mesure de prendre une décision quant à leur fragilité.

Le rapport de novembre avait de son côté cité le Conseil international pour l’exploration de la mer (CIEM) qui estimait « que la majorité des stocks de poissons d’eau profonde sont considérés comme soumis à une pêche excédant les limites biologiques de sécurité ».

Les députés vont laisser à la Commission la charge de générer une liste de ces zones de prohibition. Le communiqué de presse du Parlement explique que des mesures seront prises pour que les zones vulnérables soient « fermées à tous les navires européens si elles sont en haute mer et à tous les navires en général si elles sont situées dans les eaux européennes. »
Aucune précision n’a pour le moment été donnée sur la possible interdiction de certains outils spécifiques à la pêche profonde qui sont jugés très nocifs par les associations et écologistes.

Le Parlement ne ferme cependant pas la porte à l’interdiction totale. Une clause a été ajoutée. Elle prévoit que dans quatre ans la Commission évalue l’évolution de la situation ainsi que l’efficacité de la nouvelle réglementation.