Ne pas prendre soin des forêts c’est augmenter les émissions de CO2

Sébastien Arnaud
10/02/2021


Alors que l’on sait que les forêts captent le CO2 par effet de puits de carbone, une étude a évalué ce que les espaces boisés dégradés émettent du dioxyde de carbone. Résultat : seule la forêt du Congo reste un puit de carbone important.



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Abimer une forêt ce n’est pas uniquement perdre un allié pour la lutte contre le CO2. C’est carrément ajouter des émissions, nous apprend Geo. Le magazine s’est penché sur une récente étude publiée par Nature Climate Change  pour explique ce phénomène : « On le sait aujourd'hui : les forêts jouent un rôle primordial dans la régulation du climat. Ces étendues recouvrent 31% de la surface terrestre et constituent le deuxième plus grand puits de carbone de la planète, après les océans. Mais les forêts ne font pas qu'absorber le dioxyde de carbone, elles en relâchent aussi lorsqu'elles sont dégradées. Pour quantifier ce phénomène, des chercheurs ont mené une nouvelle étude à partir d'un vaste ensemble d'observations satellite et de mesures au sol collectées entre 2001 et 2019. Des données qui ont permis de dresser des cartes et un bilan plus précis des flux de carbone qui animent ces ensembles mondiaux. »

Durant ces deux premières décennies du XXIème siècle, 16 milliards de tonnes de CO2 ont été piégées chaque année tandis que les attaques et impacts sur la forêt ont causé l’émission de 8,1 milliards de tonnes de CO2. « Toutes ces étendues ne se valent toutefois pas en la matière. Les forêts tropicales constituent les écosystèmes les plus importants dans la régulation du climat. Pourtant, elles perdent de plus en plus de terrain face aux activités humaines. Et ce recul n'est pas sans conséquence sur leur pouvoir de puits de carbone. Dans leur étude, les chercheurs ont considéré les trois principales zones de forêts tropicales de la planète : le bassin de l'Amazone en Amérique du Sud, le bassin du Congo en Afrique centrale et l'Asie du sud-est. Ils ont conclu que seule l'une des trois - celle du Congo - constituait encore un important puits de carbone » explique Géo.