La plus grande base de l’OTAN en Afghanistan va être désertée

Sébastien Arnaud
01/07/2021


Vendredi 2 juillet, le dernier soldat américain va quitter la base américaine de Bagram. La plus grande base aérienne de l’OTAN, utilisée depuis 2001 pour les opérations dans la zone, cette base symbolise le retrait des troupes.



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Cri de joie pour les talibans, page qui se tourne pour l’armée américaine. « Tous les militaires américains et de l’OTAN ont quitté, vendredi 2 juillet, la base aérienne de Bagram, la plus grande d’Afghanistan, qui a été restituée à l’armée afghane. Les talibans se sont « réjouis » du départ des troupes étrangères de ces installations situées à 50 km au nord de Kaboul qui ont été le pivot des opérations américaines tout au long de la guerre déclenchée en 2001. C’est de là qu’étaient effectuées les frappes aériennes contre les talibans et leurs alliés d’Al-Qaida et qu’était organisé le réapprovisionnement des soldats » a raconté l’Agence France presse.

Pour le porte-parole des talibans, c’est un grand jour que de voir cette base qui abritait les forces américaines et leurs alliés depuis 20 ans fermer ses portes : « Nous considérons ce retrait comme une étape positive. Les Afghans peuvent se rapprocher de la stabilité et de la paix avec le retrait total des forces étrangères. »

D’ici le 11 septembre, anniversaire des attentats qui avaient motivés l’intervention américaine en Afghanistan, toutes les troupes des Etats-Unis et de l’OTAN devraient avoir quitté le pays. « Les talibans ont quant à eux partout multiplié leurs offensives depuis que ce retrait final a débuté en mai, s’emparant de dizaines de districts ruraux, pendant que les forces de sécurité afghanes consolidaient leurs positions dans les grandes villes. La capacité de l’armée afghane à conserver le contrôle de l’aérodrome de Bagram pourrait être une des clés pour préserver la sécurité aux abords de Kaboul et pour maintenir la pression sur les insurgés. Les habitants de Bagram, pour leur part, s’attendent à ce que la situation sécuritaire se dégrade après le départ des troupes étrangères. Joe Biden a à cet égard souligné vendredi que le gouvernement afghan devait désormais « être capable lui-même » de protéger en particulier la capitale. Selon des informations de presse, le Pentagone devrait néanmoins maintenir près de six cents soldats en Afghanistan pour garder la vaste ambassade des Etats-Unis à Kaboul » continue l’AFP. Des conditions qui rendent difficile de faire de cette double décennie une victoire.