La concurrence est-elle le meilleur tremplin pour la RSE ?

20/04/2018


Dans une tribune publiée par Le Monde, l’économiste Jean-Marc Daniel s’oppose au principe de la loi Pacte de modification du Code civil. Il estime que pour favoriser la RSE, il faut laisser faire la concurrence et mettre à profit la fiscalité.



ILD
La loi n’a toujours pas été présentée en Conseil des ministres et l’encre continue de couler. Pour résumer, depuis des mois, le débat fait rage entre partisans et opposants à la modification de l’article du Code civil concernant les entreprises. Dans une tribune publiée par le journal Le Monde , l’économiste et professeur à l’ESCP Jean-Marc Daniel prend part aux discussions. Il se positionne contre la modification du Code civil et estime que la concurrence et la fiscalité sont de meilleurs leviers d’action.

« Le fait que, malgré cette succession de textes plus ou moins solennels, la promotion de la « responsabilité sociale de l’entreprise » (RSE) réclame encore, aux yeux des pouvoirs publics, de nouvelles expertises et de nouvelles lois, montre qu’il y a un problème de méthode. Un problème grave car non seulement le bricolage juridique récurrent autour de l’entreprise n’a pas fait ses preuves, mais il tend à devenir pernicieux » analyse l’économiste après un bref rappel des débats précédents.

Selon lui, la RSE doit être abordée par un biais plus économique que juridique ou moral. « Pour en définir le contenu, un retour au célèbre article de Milton Friedman de 1970 sur la RSE s’impose. Il y confirme que le rôle de l’entreprise est de produire dans le but de faire du profit. Mais il ajoute que chaque chef d’entreprise est citoyen ; si bien qu’il a évidemment le devoir de respecter les lois mais également la possibilité de se comporter en humaniste. Friedman va en fait plus loin » écrit-il.
De manière plus explicite, il ajoute plus loin que « La meilleure garantie de la RSE, c’est la concurrence. Car elle oblige l’entreprise à répondre aux attentes de ses clients pour ne pas les perdre ; et elle l’oblige à payer ses salariés à des niveaux conformes à leur productivité et à consentir à des avancées sociales, telles que la création d’un salaire minimum ou la généralisation de la formation professionnelle, pour éviter de les voir partir. »

Enfin, il ajoute que pour ce qui est du respect de l’environnement il est aussi plus pertinent d’utiliser des outils économiques. « Les économistes, qui parlent à propos de la pollution d’« externalités négatives », proposent de créer une fiscalité incitative organisée autour de taxes « pigoviennes », du nom de l’économiste britannique Arthur Pigou (1877-1959), qui en fit la théorie. Une refonte de notre fiscalité substituant progressivement des taxes carbone à l’invraisemblable myriade d’impôts que doivent payer les entreprises est le plus sûr moyen de préserver notre planète » assure-t-il.

Lire en intégralité la tribune sur le site du quotidien Le Monde