La biodiversité de Madagascar est en péril

23/05/2018


Le Centre international en recherche agronomique pour le développement (CIRAD) est à l’origine d’une enquête inquiétante sur l’état de la biodiversité à Madagascar. Depuis 1950, l’île a perdu 44% de ses forêts naturelles avec des conséquences importantes sur les populations et la biodiversité.



ILD
Alerte générale sur la biodiversité à Madagascar. « 44 % des forêts naturelles ont disparu ces 60 dernières années à Madagascar. Et depuis 2005, le rythme de la déforestation s'accélère. Ces résultats sont le fruit d'une nouvelle étude publiée dans Biological Conservation. Avec près de 90 % d'espèces endémiques, c'est une biodiversité unique qui est mise en péril. D'autant plus que les forêts restantes sont gravement fragmentées. Les auteurs tirent la sonnette d'alarme ! » explique le Centre international en recherche agronomique pour le développement, dont des chercheurs ont participé à cette enquête.

Le constat de cette étude coordonnée par un chercheur du CIRAD est d’autant plus alarmant que l’île – habitants comme biodiversité – est largement dépendante de la forêt. « Des populations sont très dépendantes de la forêt, pour le bois d'une part (énergie, construction, fibres), mais également pour les produits forestiers non ligneux (gibier, fruits et noix, miel, plantes médicinales...) utilisés pour se soigner ou pour s'alimenter, notamment pendant les périodes de soudure, entre deux saisons de récolte » explique le chercheur Ghislain Vieilledent. « Rappelons également que les écosystèmes forestiers offrent plusieurs services environnementaux comme la protection des sols ou la régulation du climat, aussi bien à l'échelle mondiale en constituant des « puits de carbone », qu'à l'échelle locale en jouant le rôle de « château d'eau » » ajoute le communiqué.

Autre particularité locale, explique l’article du Biological Conservation, les zones victimes de déforestation ne sont pas ou difficilement récupérés naturellement par la forêt, ce qui invite à développer une politique volontariste en la matière pour stopper l’hémorragie. « Dans l'île, la principale cause directe de la déforestation est l'agriculture. Mais la démographie galopante, la mauvaise gouvernance et le non-respect des lois environnementales sont des facteurs indirects qui expliquent pour beaucoup la situation actuelle » explique le CIRAD.