La France est en marche pour lutter contre la précarité énergétique

Arthur Fournier
23/09/2013


La précarité énergétique est un mal qui ronge certains ménages depuis plusieurs années. Les derniers chiffres évoquent notamment qu'à peu près 4 à 5 millions de foyers sont touchés par ce problème. Défi des gouvernements successifs, la lutte contre cette forme de précarité fait l'objet de mesures multiples tant à l'échelle nationale qu'au niveau local.



La précarité énergétique, un fléau qui prend de l'ampleur

Sans doute une conséquence parmi tant d'autres de la crise économique mondiale de ces dernières années, les foyers de l'Hexagone sont de plus en plus nombreux à être touchés par la précarité énergétique. On estime ainsi aujourd'hui entre 4 et 5 millions le nombre de ménages concernés par cette conjoncture préoccupante. La précarité énergétique distingue en général toute personne éprouvant des difficultés particulières à bénéficier de la fourniture d'énergie vitale à ses besoins fondamentaux, cela du fait notamment d'un manque de ressources financières ou de l'inadaptation de son logement. En 2010, près de 3,4 millions de foyers sont touchés par cette forme de précarité, avec un constat saisissant : leurs dépenses en énergie constituent plus de 10 % de leurs revenus et 87 % d'entre eux habitent dans des habitations privées. Par ailleurs, les chiffres de la même année recensent également autour de 300 000 foyers vivant avec un système de chauffage défaillant, voire carrément inexistant. Les familles aux plus faibles revenus constituent une portion importante de 70 % de ceux qui sont touchés. Parmi ces derniers, 55 % sont âgés de plus de 60 ans, et environ 62 % vivent au sein même de leur propre logement.

Ouverture de l'Observatoire national de la précarité énergétique

Suite au rapport sur la situation en 2010 préconisant un plan d'action de 4 milliards d'euros sur 10 ans, 2011 marque un premier grand pas dans la lutte contre ce nouveau fléau qui touche les ménages les plus démunis. Cette année est marquée par le lancement de l'Observatoire national de la précarité énergétique par les responsables gouvernementaux de l'époque, la ministre de l'Écologie Nathalie Kosciusko-Morizet, son homologue de l'Énergie Éric Besson et le secrétaire d'État au Logement Benoist Apparu. De nombreux partenaires décisifs dans le domaine de l'énergie, tels que EDF, GDF Suez et MNE pour Médiateur national de l'énergie, tiennent une place prépondérante dans cet Observatoire nouvellement créé. En outre, des acteurs réunissant la solidarité sociale et le secteur du logement sont également de la partie : Anah ou l'Agence nationale de l'habitat, FNCCR ou la Fédération nationale des collectivités concédantes et Régie, USH ou l'union sociale pour l'habitat, sans oublier l'Ademe ou l'Agence de l'Environnement et de la Maîtrise de l'Énergie. Selon les mots de la ministre, cet Observatoire a d'abord la tâche de constater et de mesurer la précarité énergétique sans oublier de situer les zones les plus touchées. Par ailleurs, cette entité joue également le rôle de suivi des actions entreprises par les organismes privés et publics au niveau national ou local dans le cadre de l'aide apportée aux foyers en difficulté financière. À terme, l'Observatoire pourra conseiller sur la politique globale à mener pour endiguer la précarité énergétique en tenant compte des expériences reçues sur le terrain.

Des mesures diverses pour combattre la précarité énergétique

En 2010, le programme « Habiter Mieux » est lancé pour enrayer l'ampleur de la précarité énergétique. 1,25 milliard d'euros sont ainsi consacrés aux foyers pour le financement de travaux d'économie d'énergie et de rénovation thermique. Le programme restera en vigueur jusqu'en 2017 et compte approcher pas moins de 300 000 habitations avant la fin de son application. Aujourd'hui, environ 13 000 ménages seulement ont pu bénéficier de ce plan d'action, une mise en application ralentie due, entre autres, à la difficulté d'identification des foyers qui nécessitent l'intervention du programme. Parmi les initiatives les plus marquantes, outre celles apportées par les autorités publiques nationales et locales, les aides émanant des organismes sont également à souligner. L'exemple de l'association Soleni qui intervient dans la région grenobloise est un cas qui peut illustrer cette action associative au niveau local. Soleni identifie les foyers en précarité énergétique grâce à l'appui des fournisseurs d'énergie et celui des travailleurs sociaux. L'association intervient ensuite dans ces habitations en transmettant des conseils ou d'éventuelles orientations vers de plus grandes instances si la nécessité de travaux imposants se fait ressentir. Mieux encore, Soleni peut également installer de nombreuses alternatives visant à l'économie d'énergie chez ces ménages en situation de précarité énergétique : ampoules à basse consommation, thermomètres... La lutte contre la précarité énergétique est visiblement bien en marche, mais une meilleure concertation entre les différents acteurs est nécessaire afin d'arriver à anéantir ce problème dans les plus brefs délais.