L’enfouissement du CO2 déclencherait des séismes

Jean Camier
14/11/2013


La piste de limitation des émissions de CO2 par l’enfouissement pourrait être mise à mal par une enquête de l’Académie américaine des sciences. D’après les chercheurs, les injections de CO2 dans le sous-sol seraient la cause de séisme.



Près de la ville de Snyder au Texas, des petits séismes ont été enregistrés entre 2006 et 2011. D’après une recherche de l’Académie des sciences américaine, ces mouvements sismiques seraient liés aux enfouissements de CO2.
 
Le lien entre enfouissement et tremblements de terre a eu un fort retentissement dans le monde académique et politique. Depuis quelques années, l’injection du CO2 dans le sous-sol était appréhendée comme une solution pour limiter les émissions de gaz à effet de serre. L’Académie a établi un lien entre les injections et des tremblements de terre d’une magnitude de plus de trois sur l’échelle de Richter.
 
Les chercheurs relativisent ces résultats en expliquant que des injections de quantités équivalentes dans d’autres champs pétrolifères étudiés n’ont pas eu les mêmes effets. Selon eux, ce sont des caractéristiques géologiques particulières qui peuvent avoir des effets sismiques importants. 

93 séismes en vingt-deux mois

La zone étudiée au Nord du Texas comptabilise trois grosses exploitations en hydrocarbures. Les exploitations des réserves de pétrole et de gaz ont débuté dans les années 1950 alors que les injections de CO2 se sont développées à partir de 1971. Depuis 2001, la technique de récupération assistée de pétrole (EOR) est utilisée et depuis 2004 plus de 85 millions de m3 de CO2 et de méthane sont injectés.
 
Les deux chercheurs de l’université du Texas ont détecté 93 séismes entre mars 2009 et décembre 2010. Trois ont dépassé la magnitude 3 sur l’échelle de Richter, l’un d’entre eux a été enregistré magnitude 4,4 en septembre 2011.
 
L’étude conclue que les liens entre les injections de CO2 et les séismes sont très probables même si les « failles géologiques » de la région doivent également être prises en considération. En effet, les séismes n’ont été détectés que sur le site de Cogdell et non sur les deux zones voisines. « Des études plus poussées doivent être menées » afin de mieux comprendre les risques et éventuellement agir expliquent les universitaires.