Israël, les propos du PDG d’Orange tournent en scandale politique

05/06/2015


Une entreprise peut-elle faire de la politique ? Plus complexe encore, est-il possible pour un groupe de s’intéresser au respect des droits de l’homme sans faire de la politique ? Le PDF d’Orange, Stéphane Richard, est allé loin dans le domaine en remettant en question les relations avec Israël à cause de l’occupation illégale du territoire palestinien de Cisjordanie.



Mardi 2 juin Stéphane Richard déclare que s’il en avait la possibilité il ordonnerait immédiatement le retrait de son groupe en Israël. En réaction aux associations de défense des droits de l’homme qui sont très actives depuis la demande par les autorités palestiniennes de voir Israël quitter la FIFA.

Depuis cette initiative dans le domaine du football, la question du boycott économique a été relancée par les militants. Les interventions répétées, dénonciations des instances internationales et l’occupation illégale des territoires palestiniens sont montrés du doigt par les associations de défense des droits de l’homme.
 

RSE et droits de l’homme

S’il est généralement admis que la question des droits de l’homme fait partie intégrante de l’engagement RSE d’une entreprise, l’épisode Orange en Israël démontre la nécessité de souligner les spécificités de ces engagements. En effet, il serait malheureux d’avoir une conception angélique des droits humains alors qu’ils sont devenus un élément central de la politique.

Ainsi, l’entreprise qui veut s’engager en faveur des droits de l’homme doit accepter de jouer un rôle éminemment politique au risque de se trouver dans une situation intermédiaire, à l’image d’Orange actuellement. Alors que tout a démarré avec la publication d’un rapport de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) avec d’autres ONG : « les liaisons dangereuses d’Orange dans le territoire palestinien occupé. »

Stéphane Richard a alors répondu maladroitement qu’il souhaiterait mettre un terme avec son partenaire local mais que la rupture du contrat impliquait « un énorme risque financier. » Suite à la réaction très vive du gouvernement israélien, le PDG du groupe de communication est revenue en arrière en affirmant à un journal local que  « ceci n'a rien à voir avec Israël, nous aimons Israël, nous sommes présents en Israël, sur le marché des entreprises, nous investissons dans l'innovation en Israël, nous sommes les amis d'Israël, donc cela n'a absolument rien à voir avec un quelconque débat politique, auquel je ne veux pas prendre part. »