Eoliennes offshores, le mécontentement des pêcheurs

Sébastien Arnaud
21/02/2018


Les pécheurs de Normandie et des Hauts-de-France ne décolèrent pas face au projet de parc éolien en Seine-Maritime. Ils dénoncent une installation qui va avoir des conséquences importantes sur leur activité et proposent des solutions alternatives.



ILD
Le parc éolien offshore du Tréport en Seine-Maritime inquiète les pécheurs. Alors que le projet est sur le point d’entamer la phase d’installation, après douze années de discussions, leurs peurs n’ont pas disparu.

Vendredi 16 février ils ont manifesté au Havre, « Ils entendent sensibiliser l’opinion publique concernant les menaces qui pèsent sur leur profession, mais aussi sur la biodiversité dans le périmètre de la Manche-est, zone la plus poissonneuse de la Manche » rapporte le site local Actu.fr.

« Depuis 12 ans, les marins-pêcheurs se mobilisent notamment contre le projet d’implantation d’un parc éolien au large de Dieppe et du Tréport, dans la Manche-est. Un projet néfaste selon eux pour leur profession, car implanté « dans une zone halieutique très riche et au détriment de la biodiversité » » défendent les pêcheurs.
L’avis favorable de l’Agence française de la biodiversité le 20 février est une nouvelle défaite pour les pécheurs qui estiment que leur métier est en danger, ainsi que la biodiversité. Selon eux, les effets évidemment positifs des énergies renouvelables ne doivent pas justifier l’oubli de l’impact environnemental des infrastructures. « En se mobilisant au Havre, les pêcheurs veulent une nouvelle fois présenter un projet alternatif qu’ils ont imaginé, sur une zone côtière entre Dieppe et Saint-Valery-en-Caux, moins poissonneuse et aux conditions similaires pour l’exploitation d’un parc éolien. Ce rassemblement veut démontrer que d’autres alternatives sont possibles, sans pour autant détruire la pêche artisanale et l’environnement » avançait le site d’informations locales.

Dernier baroud d’honneur pour les pécheurs ? Après un avis défavorable en octobre, l’Agence française de la biodiversité avait demandé Engie de proposer fin 2017 des modifications prenant en compte l’impact environnemental. La nouvelle proposition a été mieux accueillie malgré quelques réserves « Ce "nouveau projet" permet "de mieux concilier l'indispensable développement des énergies marines renouvelables et la prise en compte tout aussi indispensable de la préservation de la biodiversité marine » a déclaré à l’AFP le patron de l’Agence nationale.