Eau du robinet polluée pour près de 1,5 million de Français

26/02/2014


UFC-Que Choisir estime que 1,5 millions de personnes en France ne bénéficient pas d’une eau conforme à la réglementation. L'association estime que les agriculteurs sont "de loin" les premiers responsables. Elle souligne cependant une amélioration depuis 2012



Chiffres de 2012, depuis 280 000 personnes de plus ont accès à une eau conforme.
Environ 98% des Français bénéficient d’une eau de bonne qualité explique l’association d’aide aux consommateurs UFC-Que Choisir. Depuis l’application de la carte de la qualité de l’eau en 2012, la situation va en s’améliorant. En près de deux ans, 280 000 résidants français bénéficieraient d’une eau conforme à la réglementation. Dans sa déclaration du 26 février, l’association estime cependant que 1,48 million « continuent à payer pour une eau non conforme ».

Six critères existent pour établir de la conformité de l’eau : qualité bactériologique, teneur en aluminium, pesticides, nitrates, sélénium et radioactivité.

Secteur agricole « de loin » premier responsable

L’explication n’est pas nouvelle. Déjà en 2012, le secteur agricole était montré du doigt. Les présences de pesticides, de nitrates (engrais) et de sélénium (surexploitation des nappes phréatiques) sont intimement liées à l’agriculture. C’est ce qui fait dire à l’UFC-Que Choisir que le secteur primaire est « de loin » le premier responsable.

900 000 consommateurs seraient concernés par une présence de pesticides, première cause de pollution de l’eau. Dans ce domaine les habitants des « zones d’agriculture intensive du quart Nord-Est de la France » sont les plus touchés.

Arrive ensuite la pollution à cause d’un traitement inapproprié de l’eau, notamment pour le dosage en chlore ou la limitation de la teneur en aluminium. Ce type de pollution est dû « à la vétusté des réseaux ou le manque de surveillance » et concerne principalement les zones rurales.

Ainsi, l’eau serait, de manière générale, de meilleure qualité en ville. Depuis 2012 le niveau de contamination est en baisse de 35% dans les municipalités de plus de 5 000 habitants mais en hausse de 8% dans les villages de moins de 500 personnes.

Enfin, l’UFC-Que Choisir dénonce une « aberration » qui consiste à faire payer les taxes de dépollution aux consommateurs et non aux pollueurs. L’association avance l’idée d’un soutien financier aux agriculteurs qui polluent le moins afin de limiter la pollution, plutôt que de dépenser pour purifier l’eau.