Climat : les négociations bloquées par l’opposition Nord-Sud

20/06/2022


Jeudi 16 juin les négociations de Bonn en Allemagne sur le climat n’ont rien donné. Malgré les alertes caniculaires, l’opposition entre les pays post et pré industriels continue à empêcher toute issue.



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Une annonce forte ou même une petite avancée auraient été comme une bouffée d’air frais pendant la canicule. Mais il n’en a rien été : les négociations climatiques de Bonn n’ont débouché sur rien. « Cette intersession, organisée chaque année à la même époque dans la cité rhénane, avait pour objectif de préparer le terrain de la 27e conférence des Nations unies sur le climat (COP27), qui se tiendra en novembre à Charm el-Cheikh (Egypte). Aucune décision politique n’était attendue puisque les ministres n’avaient pas fait le déplacement en Allemagne : le mandat des délégués était d’avancer sur des points techniques afin de défricher les futures décisions et de concrétiser l’ambition affichée il y a sept mois, lors de la COP26 de Glasgow » résume Le Monde.

Le nœud de l’opposition entre deux parties de la planète se confirme de rendez-vous en rendez-vous. « Les discussions ont particulièrement achoppé sur le dossier le plus politique, celui des pertes et dommages, qui se réfèrent aux dégâts irréversibles causés par le dérèglement climatique (ouragans, inondations, etc.). Les pays en développement demandent de longue date un mécanisme de financement spécifique pour leur permettre d’y faire face, étant donné qu’ils sont les plus affectés par ces dégâts tout en étant les moins responsables du réchauffement. Mais les nations développées s’y opposent » appuie Le Monde.

C’est le sujet du financement qui est au cœur des oppositions. Car malgré les promesses de financements des pays post industriels, le compte n’y est pas : « Les débats n’ont débouché sur rien de concret concernant le financement de l’adaptation au changement climatique – les pays développés avaient promis de doubler ces flux financiers –, ni sur l’établissement d’un objectif post-2025 pour succéder aux 100 milliards de dollars (95 milliards d’euros) que les pays riches avaient promis de mobiliser à partir de 2020 à destination des pays du Sud – une promesse pour l’instant non tenue. Les Etats n’ont également pas trouvé d’accord sur les modalités du « programme de travail sur l’atténuation » annoncé à Glasgow, dont l’objectif est la division par deux des émissions mondiales d’ici à 2030, et ont seulement décidé d’organiser un « atelier » avant la COP27. Les pays sont aujourd’hui très loin de réussir à limiter le réchauffement climatique bien en deçà de 2 °C, et si possible 1,5 °C, comme prévu par l’accord de Paris. »

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