Climat et sécurité alimentaire : appel scientifique pour la préservation des sols

28/11/2018


Des chercheurs se sont réunis début novembre à Sète pour lancer un appel au monde scientifique. Ils demandent une mobilisation du monde de la recherche dans le domaine de la sécurité alimentaire et la préservation des sols.



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Le réchauffement climatique arrive avec des défis concrets. Parmi ceux-ci, la sécurité alimentaire est un enjeu de taille. Difficile de prévoir les conséquences des évolutions climatiques sur les sols et donc sur l’alimentation. A l’occasion d’une réunion à Sète au début du mois de nombre des chercheurs français ont lancé un appel pour un « programme scientifique ambitieux en la matière ». L’appel de Sète a été bien reçu dans les milieux scientifiques de pointe et a reçu le soutien des scientifiques du Cirad, CNS, IDDRi ou INRA, pour ne citer que les plus connus.
 
« L'initiative internationale " 4 pour 1000 : les sols pour la sécurité alimentaire et le climat " a été lancée par le gouvernement français le 1er décembre 2015 lors de la COP 21 à Paris. À la fois un plan d'action et un programme de recherche et de coopération scientifique, elle a conduit la communauté internationale à s'engager dans la voie qui vise à montrer que le secteur "Agriculture-Foresterie-Autres usages des terres" joue un rôle essentiel pour renforcer la sécurité alimentaire, atténuer les changements climatiques et s'y adapter. Accroître la quantité de carbone stockée durablement dans les sols via la photosynthèse de la biomasse végétale (transformation du CO2 atmosphérique en carbone organique) pourrait contribuer à diminuer le CO2 atmosphérique et par suite l'augmentation de la température à la surface de la planète » explique le communiqué.
 
Le mirage de l’objectif de limitation du réchauffement à 2°C se dissipant, l’urgence de la lutte contre les émissions est d’autant plus urgente. « Si en priorité une réduction immédiate des émissions anthropogéniques des gaz à effet de serre de tous les secteurs doit être promue, celle-ci devra s'accompagner d'un stockage de carbone dans les sols. Cela permettra d'améliorer simultanément la qualité des sols, la production agricole et l'adaptation des systèmes agricoles aux changements climatiques » écrivent les scientifiques.

« Nous, chercheurs et acteurs de terrain réunis à Sète les 7 et 8 novembre 2018, affirmons que la préservation et l'augmentation durable du stock du carbone dans les sols est un objectif scientifiquement fondé et techniquement faisable. Nous affirmons également que compte tenu des urgences relatives au climat, à la biodiversité et à la dégradation des terres, l'initiative "4 pour 1000" doit être, dès à présent, soutenue pour sa mise en oeuvre. Nous n'avons cependant pas, aujourd'hui, toutes les clés pour agir. Pour les trouver ainsi que pour favoriser l'insertion de la séquestration du carbone dans les sols dans l'ensemble des stratégies en appui à l'accord de Paris visant aussi les Objectifs du développement durable, la recherche est nécessaire » poursuite l’appel de Sète.