Au Congo, le Pape François lance un appel au monde sur les souffrances de l’Est du pays

Sébastien Arnaud
03/02/2023


Alors que les associations et l’ONU lancent des appels à l’aide pour l’Est du Congo où les violences s’intensifient depuis plusieurs mois, le Pape François a cherché à donner une tribune plus importante à lune situation dramatique.



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C’était l’objectif principal du voyage papal en République démocratique du Congo (RDC). Mercredi 1er février, le pape François a écouté les témoignages dramatiques de victimes d’exactions dans l’Est du pays avant de prendre la parole. « Dans un discours dense, l'évêque de Rome s'est uni aux douleurs du peuple éprouvé, s'adressant fermement aux «entités» à l'oeuvre dans cette guerre. «Cela suffit», a tancé François. Le Souverain pontife a pris la parole après l'écoute des quatre victimes venues de différentes provinces de l'Est. Ces quatre représentants ont chacun apposé un geste fort de réconciliation, déposant au pied de la Croix les objets de leurs tortionnaires. Et c'est le sentiment du choc qu'a éprouvé en premier le Saint-Père. «Il n'y a pas de mots; il faut seulement pleurer en silence», a-t-il relevé, énumérant les noms des localités d'origines des victimes, » rapporte Vatican News.

Les horreurs qui ont lieu dans le pays sont accentués par ce sentiment d’habitude ou de banalité tant la région de l’Est du Congo souffre depuis des décennies. « Le Pape François a condamné les violences armées, les massacres, les viols, la destruction et l'occupation des villages, le pillage des champs et du bétail qui continuent d'être perpétrés, tout comme «l'exploitation, sanglante et illégale, de la richesse du pays», ainsi que les tentatives de partition dans le but de pouvoir le gérer. Inclinant la tête, la douleur dans le coeur, le Saint-Père a demandé pardon pour la violence de l'homme sur l'homme », continue le communiqué. 

Et de rappeler les raisons qui font de cet endroit la source de tous les appétits : « Le Pape a qualifié cette guerre de «déchainée par une insatiable avidité de matières premières et d'argent», alimentant «une économie armée laquelle exige instabilité et corruption». «Quel scandale et quelle hypocrisie: les personnes sont violées et tuées alors que les affaires qui provoquent violences et morts continuent à prospérer!» »