Après les européennes statu quo pour le traité transatlantique

Jean Camier
02/06/2014


L’opposition au traité transatlantique était au centre des programmes des partis critiques de l’Union européenne mais aussi des écologistes. Les résultats montrent que 140 députés européens seront issus de mouvances eurosceptiques. L’équilibre des forces n’est pas remis en question et les groupes favorables à l’extension du libre-échange restent majoritaires.



Alors que le CSA vient encore de critiquer les chaines de télévision privées françaises pour avoir trop peu traité les élections européennes, la question du traité transatlantique commence à être largement abordée. Les instances européennes ont senti un blocage des opinions publiques face à un accord qui favoriserait le marché pour favoriser les échanges entre l’Amérique du Nord et l’Union européenne. En témoigne le vote de l’Assemblé nationale qui appelle la Commission « à la vigilance ».

Le magazine Marianne résume bien ces enjeux dans un article qui fait le point sur les différentes positions des partis français représentés au Parlement européen. « Nous connaissons désormais le nom de nos nouveaux représentants au Parlement européen. C'est eux qui devront ratifier le traité transatlantique en fin de négociation. Mais que pensent-ils du traité transatlantique ? Sont-ils raccords avec leur parti qui, tous, avec plus ou moins de clarté, se sont prononcés sur les négociations en cours en vue d'un accord commercial avec les Etats-Unis ? Y-a-t-il des courageux dans leurs rangs ? Et des incohérents ? »

Équilibre des groupes maintenu

Contrairement à ce que les résultats français pourraient laisser penser, il n’y a pas de nette évolution au sein de la représentation européenne (Notre article). Les élus issus de partis européens eurosceptiques, dont ceux du FN, seront 140, les Verts 55 et les partis de la gauche radicale 43. Ces trois blocs, qui se sont opposés de manière plus ou moins directe à la signature du traité transatlantique, sont loin de représenter la majorité des 751 sièges de la chambre européenne.

Pour rappel, le Parlement a voté le 23 mai un mandat de négociation pour la Commission qui détermine les conditions d’acceptation du traité. À terme, les résultats de l’accord devront être approuvés à l’unanimité par le Conseil des chefs d’Etat et de gouvernement, par la majorité du Parlement européen et enfin par les chambres nationales.