2012, année charnière pour l’agriculture biologique en France

Arthur Fournier
05/06/2012


Le marché français des produits bio enregistre une constante progression. Comptant pour quelque 3,75 milliards d’euros, ce marché est devenu massif. Toutefois, la France est loin d’avoir rempli les objectifs qu’elle s’était fixés à son sujet lors du Grenelle de l’environnement ; il avait alors été décidé de porter à 6% la proportion de surface agricole française consacrée au biologique en 2012.



En France l’agriculture biologique a longtemps souffert d’un manque de structuration patent. Pour y répondre, le gouvernement avait missionné, à l’occasion du Grenelle de l’environnement, l’Agence BIO pour favoriser une meilleure organisation de ces filières. Dotée de 15 millions d’euros, l’Agence BIO est notamment chargée de la mise en application du plan Agriculture Biologique proposé par le ministre Michel Barnier en 2007.
 
De 2007 à 2012, plusieurs leviers ont été utilisés dans le cadre de ce plan pour favoriser le développement du marché bio. La législation et la fiscalité ont accompagné ce mouvement et le crédit d’impôt pour les exploitations a par exemple été reconduit. Cette démarche s’est appuyée sur la législation européenne qui a établi en 2009, la définition de l’agriculture biologique. Le gouvernement a également utilisé ses systèmes de restauration collective de façon à privilégier les produits bio et atteindre un seuil de 20% d’approvisionnement en produit de ce type dans ses propres restaurants. L’enseignement et la recherche ont également été mobilisés en conséquence pour soutenir l’effort en faveur du bio.
 
Ces politiques lancées à partir de 2007 ont porté leur fruit, puisque la part de l’alimentation bio dans le marché français n’a pas cessé de croître malgré la crise. D’après l’Agence BIO, le marché français du bio a doublé entre 2007 et 2011 pour finalement atteindre les 3,75 milliards d’euros.
 
Ces chiffres traduisent une remarquable dynamique que les industriels de l’alimentaire et de la grande distribution n’ont pas manqué d’investir.Très récemment le groupe Auchan a ainsi inauguré dans l’Essonne son premier magasin spécialisé dans les produits bio sous l’enseigne « Cœur de Nature ». En 2008, le groupe Monoprix s’était aussi positionné sur ce marché en rachetant la chaîne de magasin bio Naturalia et à l’avenir, Carrefour pourrait rejoindre prestement ce cortège en développant sous peu un concept de magasin similaire.
 
Ce sont là des signes encourageants pour le développement de l’agriculture et du marché bio. Ces nouvelles enseignes sont en effet très liées, par leur business model, à des producteurs locaux dont elles favoriseront l’activité. Le groupe Auchan a d’ailleurs manifesté sa volonté de travailler à longue échéance avec ces producteurs. Mais ce bilan positif doit être tempéré. Comme le rappelle l’Agence Bio, l’objectif des 6% de terre agricole dédiée au bio est loin d’être atteint. La deuxième moitié de l’année 2012 est donc appelée à être très active dans le secteur du bio qui n’a que quelques mois pour atteindre ces ambitieux objectifs.
 
En ce milieu d’année 2012, le bilan pour le marché français de l’alimentaire issue de filières de production biologique est plutôt positif. Comme le fait remarquer l’Agence Bio, ce marché a doublé depuis 2007 et une réelle dynamique opère depuis les négociations du Grenelle de l’Environnement. Le plan Agriculture Biologique alors proposé arrive toutefois bientôt à échéance et il s’avère que l’ensemble des objectifs n’a pas été respecté, notamment au sujet de l’accroissement de la part du bio dans les capacités de productions agricoles françaises. La fin de l’année 2012 s’annonce donc comme une période particulièrement dynamique, celle d’un sprint final pour le secteur du bio après une période de développement de cinq années débutée en 2007. Aussi, même si les objectifs du plan n’ont que peu de chance d’être tenus, il est probable que la renégociation attendue en 2012 de la politique agricole commune au sein des institutions de l’Union européenne impulse une nouvelle dynamique en faveur des modes de culture respectueux de l’environnement devenus incontournables à la conception de politiques publiques responsables.