RSE Magazine
 
RSE Magazine
Accueil
Envoyer à un ami
Version imprimable
Partager

Le scandale sanitaire des boucheries de la grande distribution

RSE Magazine
02/06/2022



Les pratiques, déjà anciennes, de certaines enseignes de la grande distribution n'ont fait que s'amplifier avec et après le confinement. Un boucher courageux, Laurent R., a décidé de porter ces scandales à la portée du public. Dans un livre à paraitre en octobre, il revient en détail sur ces pratiques, contraires à l'hygiène, l'économie, le bien-être animal...



Vous préparez un ouvrage intitulé « Le scandale des boucheries de la grande distribution » chez VA Editions, à paraître au second semestre 2022. Quel a été le déclencheur qui vous a poussé à l’écrire ?

Laurent R.
Laurent R.
Je voulais que les consommateurs comprennent ce qui se passe dans les laboratoires de boucherie… la remballe, les périmés, les marinades, mais aussi l’énorme gâchis de viande. Pas ailleurs, ma hiérarchie m’a demandé de faire à plusieurs reprises des préparations bouchères honteuses avec de la viande périmée comme des saucisses ou autres produits que vous pouvez retrouver sur nos étals. Je ne pouvais plus me taire face à cet énorme scandale sanitaire. J’ai découpé des viandes avec des champignons ! La même que l’on remettait à la vente sans que le client ne se doute de rien. Je ne mets pas tout le monde dans le même sac, mais ils sont trop nombreux à pratiquer des recettes et des préparations bouchères douteuses. Trop d’animaux sont tués pour rien… pour au final, finir dans les poubelles des grandes surfaces et cela me révolte au plus haut point.

Quelles sont, selon vous, les sources de ces dérives qui peuvent mettre en danger la vie des consommateurs, bafouent la légalité et négligent le bien être animal ?

Aujourd’hui la viande est devenue un vrai business. La concurrence n’a pas aidé… Les grandes surfaces sont devenues machiavéliques ; « il faut vendre absolument ». La surconsommation est à son paroxysme ! Celles-ci achètent à outrance, mais la viande doit être consommée rapidement, les restes de produits sont énormes, il faut avoir le moins de pertes possible, la remballe est pratiquée de manière abusive, on allonge les dates limites de consommation, on fait des saucisses avec de la viande périmée, et j’en passe bien évidemment… Ils mettent la vie des consommateurs en danger ! Comme un jour, une mère de famille qui venait régulièrement a manqué d’y laisser sa vie. Je dénonce donc sans censure et en profondeur dans mon livre toutes les « magouilles » insensées et inhumaines que mes supérieurs m’ont ordonné de pratiquer. Et aussi, étant un grand défenseur de la cause animale, je me dois d’en parler ! Les animaux sont tués en masse, ils sont maltraités et abusés dans les laboratoires ou devrais-je plutôt dire… « les camps d’extermination animaliers ». C’est pourquoi je soutiens activement l’association L214 qui combat et lutte contre toutes ces pratiques. Il se passe des choses tellement horribles lors de la mise à mort de ces pauvres bêtes… Je vous avoue que j’en suis malade et anéanti ! J’en cauchemarde le soir ! Ces différentes pratiques qu’on m’oblige à faire me torturent psychologiquement et je ne pouvais plus rester immobile sans dénoncer ce qui se passe. 

Pourquoi établissez vous une différence entre Grandes surface et boucheries artisanale ?

Les grandes surfaces n’ont aucune pitié. « Il faut vendre pour vendre »… c’est la course aux billets, quitte à mettre la santé et surtout la vie de leurs consommateurs en danger. Après tout, leur chiffre d’affaires est peut-être plus important que la vie humaine ? Quand on voit que maintenant, ils veulent vendre du porc à 1 euro le kg ; je vous laisse imaginer les dégâts. Le confinement dans tout cela n’a pas aidé… Il a accéléré les abus d’une manière fulgurante avec la fermeture des restaurants. Mais l’après-confinement est devenu un véritable scandale ! Ils veulent conserver et bien évidemment augmenter leurs bénéfices et pour cela, ils sont prêts à tout. Les petites boucheries quant à elles en payent le prix. Elles subissent leurs folies et plusieurs ont dû déposer le bilan. Mais la roue tourne… De plus en plus de consommateurs prennent conscience des pratiques douteuses de ces grandes surfaces démoniaques. La boucherie artisanale doit donc impérativement revenir au premier plan et redevenir LE choix de prédilection ! Beaucoup de gens commencent à le comprendre maintenant. La complicité que ces artisans ont avec leurs clients, la qualité qu’ils proposent et les conseils qu’ils apportent vaut tout l’or du monde. De plus, ils n’ont pas le droit à l’erreur ! Les grandes surfaces les surveillent et les traques. Si l’un d’entre eux à le malheur de faire quelque chose de « mal », un pot-de-vin sera vite accordé de manière à ce que l’artisan soit pénalisé et ferme potentiellement ses portes… Un concurrent de moins pour eux. Vous retrouverez par ailleurs dans mon livre un chapitre dédié sur le sujet. Revenir au traditionnel pour manger mieux et sain.

Quels sont, selon vous, les remèdes à apporter pour faire sortir cette filière de l'impasse où elle semble se trouver ?

Les remèdes pour moi sont évidents. Il faut que les grandes surfaces soient beaucoup plus contrôlées sur leurs achats et ainsi, éviter un maximum le gâchis. Je réclame des contrôles beaucoup plus stricts ! Que ce soit par la direction départementale ou même des associations qui ont un véritable un engagement et la volonté de changer les choses. Il faut les homologués pour ! Un cahier des charges doit être établi et respecté. Il sera à remettre aux autorités compétentes. La direction départementale de la protection des personnes doit multiplier les contrôles et l’hygiène doit être présente en permanence sur le terrain. Il faut absolument des analyses plus strictes dans les abattoirs, interdire les promotions douteuses et bien évidemment la surconsommation de masse. Contrôlez aussi plus intensément l’arrivée des animaux de la communauté européenne et les agriculteurs français doivent retrouver une position de force face à celles-ci.






Nouveau commentaire :
Facebook Twitter