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02/10/2013

Yves Guénin, Optic 2000 : « Evaluer systématiquement les performances sociétales et environnementales pour les améliorer »




Afin de rendre objectif le mode d’évaluation des stratégies de RSE , normes et référentiels voient le jour sous l’égide d’organismes tels que l’AFNOR. Une dynamique que défend Yves Guénin, Secrétaire Général d’Optic 2ooo, dont le groupe a entamé un processus d’évaluation AFAQ 26000. Il revient, dans cet entretien, sur les enjeux de la démarche.


Yves Guénin, Optic 2000 : « Evaluer systématiquement les performances sociétales et environnementales pour les améliorer »

Le statut coopératif de l’enseigne affecte-t-il le rapport de l’entreprise aux notions de responsabilité sociale et de solidarité ?

Yves Guénin : Optic 2ooo est fidèle à son héritage coopératif. Cela signifie d’abord que le groupe est constitué d’un réseau d’opticiens dont la gouvernance est entièrement régie par un mode de fonctionnement démocratique. Ce qui suppose, évidemment, la capacité de ses participants à dégager un consensus. Je pense donc que, dès le départ, les valeurs de dialogue et de respect mutuel ont été ancrées dans les gènes de l’entreprise.
 
Cette adhésion aux valeurs du groupe est partagée par nos opticiens,unis par une conception commune de leur utilité sociale. C’est ainsi que s’est forgée au fil du temps une politique de groupe axée sur un équilibre entre progrès et développement économique, cela sous-entend naturellement des actions structurantes en matière de solidarité ou d’accès aux soins.

On estime d’habitude que la qualité d’une démarche de RSE est étroitement corrélée au degré de détermination des dirigeants de l’entreprise. Quel écho le concept de responsabilité sociale trouve-t-il dans votre esprit, personnellement ?

Le concept de RSE est encore assez récent. Bien qu’il soit communément admis et largement revendiqué dans le monde de l’entreprise, il n’en demeure pas moins en phase de maturation. Selon moi, cette notion recouvre une éthique entrepreneuriale dans laquelle beaucoup d’entreprises s’inscrivent depuis longtemps, mais qu’elles n’avaient pas forcément le réflexe de formaliser, car les attentes de la société n’étaient pas aussi vives qu’aujourd’hui.
 
D’une façon générale, la RSE est un concept dans lequel les entreprises intègrent les préoccupations sociales, environnementales et économiques dans leurs activités et dans leurs interacttions avec leursparties prenantes.  On peut la circonscrire dans un cadre assez réducteur, considérant que le rôle social de l’entreprise est de créer et de répartir le plus justement possible de la richesse et de la valeur au profit de ses collaborateurs, de ses clients et de ses partenaires. On peut aussi la définir par extension, considérant que le rôle de l’entreprise s’étend jusqu’où elle a toute légitimité à agir. Pour prendre l’exemple d’Optic 2000, nous nous efforçons d’agir à ces différents niveaux.

C’est-à-dire ?

Nous entretenons des relations privilégiées avec les producteurs de verres et de montures français. Nous avons également conclu des partenariats avec de nombreuses complémentaires santé afin d’offrir des facilités de paiement et de remboursement qui s’adaptent au contexte économique actuel. Enfin, nous tâchons de mettre à profit nos compétences là où elles nous semblent utiles socialement, notamment à travers nos actions de solidarité en France et à l’étranger, ou encore nos actions de prévention dans le domaine de la vue. Sans vouloir être exhaustif, cela donne une idée assez juste de notre périmètre d’action. Pour vous donner un exemple très concret, depuis 1986, Optic 2ooo soutient le centre de dépistage et de traitement optique de l’hôpital de Ouahigouya au Burkina Faso où nous formons des opticiens et leur faisons parvenir des dons de lunettes.

Quel usage avez-vous de la RSE, en tant que levier de votre communication ?

À mesure que son développement lui ouvre de nouvelles perspectives, Optic 2oooapprofondit sa démarche, car la RSE s’inscrit dans une logique gagnant-gagnant. Il est bien naturel pour une entreprise qui estime « faire des choses bien » de le faire savoir. Et une stratégie de communication efficace n’a pas que des vertus économiques, elle est aussi un formidable instrument de cohésion et d’engagement, qui consolide l’adhésion des collaborateurs et des partenaires à notre projet d’entreprise, et les conforte dans l’idée que chacun d’entre eux a les moyens d’agir à son niveau. Nous avons une politique de solidarité intégrée à l’échelle du groupe, ce qui signifie que cette solidarité prend racine sur le terrain, dans les relations de service et de proximité qu’entretiennent les opticiens avec les usagers. Et si les consommateurs nous le rendent bien, tant mieux pour tout le monde, puisque c’est ainsi que nous avons reversé au Téléthon 1,120million d’euros l’année dernière. Pour être efficace en matière de solidarité aussi, il faut être pragmatique.

La RSE du groupe a fait une incursion remarquée dans votre stratégie publicitaire également.

Il est vrai que la RSE n’a pas toujours eu l’ascendant dans notre communication, mais la crise que nous traversons nous impose de redéfinir notre façon de dialoguer avec nos parties prenantes, de « parler juste », avec sobriété, tout en véhiculant un message positif et fédérateur. Il s’agit là d’un réflexe normal et d’une transition souhaitable pour permettre à l’entreprise de mieux répondre aux questions des personnes pour qui, et avec qui elle travaille. Quant à ceux qui associent systématiquement communication RSE et greenwashing, je dirais que c’est un jugement assez approximatif : il est évident que plus on communique, plus on s’expose. Il est donc impératif pour l’entreprise, dans ces circonstances, de faire attester de sa probité par un organisme certificateur, par exemple.

Vous faites référence à l’AFNOR et à l’AFAQ 26000 ?

Aujourd’hui, nous nous efforçons de démontrer l’efficacité de notre démarche à travers un processus d’évaluation impartial et reposant sur des critères objectifs. Dans cette logique, un tiers tel que l’AFNOR joue effectivement un rôle central. En 2012, nous avions eu recours à cet organisme pour faire évaluer la qualité de notre politique de relation-client. En 2013, nous souhaitons que notre politique de RSE soit à son tour soumise à évaluation. À l’issue d’un processus d’audit AFAQ 26 000, nous allons donc disposer d’une vision plus claire de nos performances sociétales et environnementales, et entamer un processus d’amélioration permanent. C’est d’ailleurs une voie dans laquelle devraient s’engager toutes les grandes entreprises qui revendiquent un fort engagement RSE, afin de donner plus de lisibilité au concept et de cohérence aux pratiques existantes.

D’un point de vue opérationnel, quels sont les bénéfices escomptés par Optic 2ooo à travers cette démarche d’audit ?

Les conclusions de l’audit nous fourniront des indicateurs précis sur la pertinence et la maturité des actions entreprises. Il existe un certain nombre de critères d’évaluation très concrets tels que la qualité de la gouvernance, des relations et des conditions de travail, le niveau d’ancrage territorial ou encore la durabilité des modes de production, par exemple. Ces critères, une fois consolidés, permettent à l’AFNOR d’estimer l’impact environnemental, social et économique de la démarche RSE entreprise. Il en résulte une reconnaissance AFAQ 26 000 valable pendant une durée de trois ans, au cours desquels l’AFNOR intervient pour évaluer le maintien de la démarche. Nous disposerons alors d’un tableau de bord fondé sur un référentiel partagé et faisant autorité. Au-delà de ses enjeux incontestables en termes de garantie de probité, j’y vois d’abord un formidable levier de motivation au profit de tous les collaborateurs.





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