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23/09/2013

Le jetable est-il encore socialement acceptable ?




La place acquise par le jetable dans notre quotidien donne de plus en plus matière à réflexion. De nos téléviseurs à nos machines à laver, en passant par nos chaussures, nos imprimantes et nos appareils mobiles, une grande partie des produits actuels dispose malheureusement d'une durée de vie ou d'utilisation limitée. Évoquer le jetable, c'est certainement parler de l'obsolescence programmée, un système futé qui nous suggère finalement de remplacer régulièrement nos produits après un laps de temps cyclique.


Crédit photo : Daniel Stockman
Crédit photo : Daniel Stockman

Le jetable, une place à part entière parmi les produits actuels

Discuter à propos de l'utilisation du jetable amène à des réflexions alambiquées qui touchent de près ou de loin les questions environnementales, économiques, sociales et politiques. Les produits jetables constituent aujourd'hui une portion non négligeable des ustensiles les plus courants. À ce titre, ils sont un pilier à part entière de la société de consommation. Le fonctionnement du système actuel admet l'existence d'un circuit bien huilé qui découle de l'extraction des matières premières, de leur transformation en un produit fini et enfin de la vente de celui-ci au consommateur final. Les acteurs sont nombreux à tirer des revenus tout au long de ce processus englobant l'extraction, la fabrication et la vente des produits destinés à la consommation.

Utilisation capitale du jetable pour l'avenir des industries

Perpétuer cette source de revenus devient donc un enjeu vital pour les producteurs ainsi que pour les industriels et une rupture de ce schéma typique nuirait à coup sûr à leurs activités. Pour maintenir l'attention des consommateurs envers les produits, de nombreuses techniques sont appliquées. L'intégration sur les marchés d'articles toujours plus innovants, plus performants et encore plus au goût du moment fait aujourd'hui partie des usages répandus. Afin d'accélérer davantage ce processus de production et d'écoulement des produits, il est finalement préférable pour les industriels et les fabricants que ceux-ci disposent d'une durée de vie ou d'utilisation restreinte. Voilà donc une des premières raisons pour laquelle les produits qui meublent notre quotidien sont majoritairement jetables, une application parfaite de la théorie de l'obsolescence programmée.

La désuétude planifiée pour maintenir des tarifs compétitifs

Mis à part cette motivation purement financière et stratégique, d'autres raisons peuvent notamment justifier l'utilisation du jetable et le recours des fabricants à ce concept de désuétude planifiée. Pris dans leur ensemble, la plupart des produits actuels disposent non seulement d'une durée d'utilisation limitée, mais ils sont également fabriqués pour répondre à un cahier des charges précis comprenant, entre autres, une obligation primordiale : un coût de production pondéré. Le contexte actuel de globalisation et de forte concurrence sur les marchés impose effectivement aux fabricants de proposer des produits à des tarifs concurrentiels. Cette nouvelle variable de l'équation soumise aux industriels les oblige notamment à chercher des solutions qui ne peuvent se situer qu'au niveau des prix des matières premières utilisées pour concevoir un produit. De ce fait, afin de garantir le succès d'un article, le recours à des matières plus abordables et donc rapidement périssables est de rigueur pour les fabricants. La conséquence s'en ressent immédiatement au niveau du produit fini qui disposera d'une durée d’utilisation limitée.

L'obsolescence programmée, un concept admis par les consommateurs

Baignée depuis les dernières décennies dans ce système, la grande majorité des consommateurs ne s'offusque plus d'utiliser les produits jetables. Inconsciemment, l'opinion générale de la société de consommation a même fini par accepter la situation selon laquelle les produits mis en vente sur les marchés sont utilisables pendant un temps déterminé. Car les consommateurs considèrent et de façon pertinente que si les produits qu'ils achètent étaient fabriqués pour être plus endurants, c'est le budget consacré à ces achats qui s’alourdirait. En outre, dans certains secteurs, la psychologie des consommateurs a même évolué en répondant positivement aux tactiques émanant des industriels. C'est le cas notamment du monde des produits nomades, dans lequel on peut constater qu'en moyenne, les consommateurs remplacent les produits qu'ils utilisent suivant un cycle de deux à trois ans.

Utilisation du jetable, une préoccupation environnementale, économique, sociale et politique

De prime abord, il est ainsi difficile de critiquer l'utilisation du jetable. Économiquement, ce type de produits fait vivre nombre de gens tout au long du processus de production. Ensuite, l'existence des produits jetables semble convenir partiellement à la société de consommation. Une certaine partie des consommateurs d'aujourd'hui préfèrent évidemment acheter des produits plus abordables quitte à les remplacer après deux ou trois ans d'utilisation. Le plus grand risque de cette obsolescence programmée qui touche les produits actuels demeure l'impact environnemental durant la phase de leur production et surtout de leur recyclage. À force de produire, la raréfaction des matières premières pourrait survenir un jour, tout en sachant que le recyclage de ces produits ne se fait pas sans conséquence sur l'environnement. Certaines associations de consommateurs aidées par des organisations environnementalistes commencent tout de même à s'alarmer en raison de l'actuelle utilisation systématique et à profusion du jetable. La sensibilisation des autorités politiques est à l'étude afin d'imposer aux industriels la fabrication de produits plus durables, ou le cas échéant, les obliger à informer les consommateurs sur la véritable durée d'utilisation des produits en vente sur les marchés.





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