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05/08/2013

Le biogaz fait son entrée en France




En matière de production d'énergie, l'heure est actuellement à l'émergence de nombreuses techniques pensées pour réduire la dépendance vis-à-vis des produits fossiles. Le biogaz fait partie intégrante de ces nouvelles alternatives. Parmi ses atouts, cette ressource renouvelable offre notamment la possibilité d'être utilisée pour la production de l'énergie électrique, tout comme elle peut se décliner sous une variante destinée à alimenter les véhicules. Dans l'Hexagone, la forte aspiration à la transition énergétique a désormais trouvé une voie toute tracée, celle du biogaz. Les initiatives visant à amplifier son utilisation se multiplient du côté du secteur privé, tandis que le cadre officiel tendant à valoriser cette ressource est élargi.


Méthaniseur en Allemagne - Crédit photo : Martina Nolte
Méthaniseur en Allemagne - Crédit photo : Martina Nolte

Le biogaz, une énergie renouvelable prometteuse

Le biogaz est une des alternatives adéquates en vue de l'application d'une politique de réduction de la facture énergétique. Ce type de ressources renouvelables provient directement de la méthanisation des déchets ménagers et agricoles. Le produit issu du processus de dégradation des matières organiques récoltées à partir du traitement des déchets est donc un gaz, le méthane. Celui-ci donne l'avantage d'être utilisable à la fois pour produire de l'électricité ou pour alimenter les véhicules adaptés à cet effet. Par ailleurs, si aucune de ces deux possibilités n'est retenue, le méthane obtenu peut être reversé au sein du réseau courant de gaz naturel pour être utilisé par ceux qui en ont besoin. Malgré l'existence de ces diverses éventualités, le biogaz et ses potentialités sont encore considérés comme sous-utilisés dans l'Hexagone.

Accélérer l'utilisation du biométhane pour les véhicules

Affecter le méthane vers une utilisation sur les véhicules n'est pas un concept nouveau. Au niveau mondial, les statistiques publiées en 2011 évaluent à 15 millions le nombre de véhicules, poids lourds comme véhicules légers, fonctionnant comme tel. Dans l'Hexagone, le phénomène en est encore à ses balbutiements. Quinze mille véhicules roulent tout de même au Gaz Naturel Véhicule ou GNV, du méthane naturel. Ils représentent en grande partie des voitures à usage public et/ou professionnel comme des bus et des camions. Une des premières perspectives serait d'alimenter uniquement cette flotte par du carburant 100 % biogaz. Avec ce méthane issu du traitement des déchets, les répercussions sur l'environnement et la santé sont insignifiantes, voire nulles : aucun facteur de maladies respiratoires ni d'émission de particules fines, neutralité en carbone, sans oublier l'adieu aux nuisances sonores. Ensuite, afin que ce nouveau type de carburant se répande, pourquoi pas, chez les particuliers, il est essentiel de multiplier le nombre de ses stations de distribution. À ce jour, seulement 300 stations et 40 stations publiques constituent en effet le canal de distribution du carburant gazeux. Augmenter le nombre d'utilisateurs du biogaz ne se fera donc pas sans l'extension de ce réseau.

Les initiatives s'enchainent

Des initiatives en vue d'élargir le réseau de stations ont été remarquées au cours de ces derniers mois. GNVert, filiale de GDF Suez, a ainsi inauguré en Moselle une station-service de biogaz à proximité du site de méthanisation de Forsbach pour ravitailler une trentaine de véhicules fonctionnant au biométhane. Une première dans le genre qui devrait inciter les exploitants à faire de même. Au vu du potentiel du biogaz, l'intérêt pour les sites de méthanisation s'est en effet accentué depuis quelques années et le nombre d'exploitations devrait suivre. Une fois finalisés, les 300 dossiers de raccordements en attente d'instruction devraient dès lors confirmer la volonté des acteurs à vulgariser ce nouveau filon.

Un dispositif réglementaire pensé pour promouvoir le biogaz

De nouvelles dispositions réglementaires concernant le biogaz ont été décidées afin de valoriser davantage la filière. Depuis 1997, la réglementation imposait tout simplement aux acteurs à stocker, valoriser ou, par défaut, à brûler le méthane issu du traitement des déchets. Pour ce qui est de la valorisation du biogaz, les producteurs étaient strictement restreints à faire le choix entre le transformer en électricité via la cogénération ou l'injecter au sein du réseau de gaz naturel. Étant donc non-cumulables pour chaque exploitant, ces deux opérations étaient par ailleurs régies par une tarification d'achat distincte réglementée par l'État. Selon des enquêtes réalisées par l'Observatoire des Énergies renouvelables en 2012, la majeure partie du biométhane produit jusqu'alors a été brûlée, se détournant totalement du processus de valorisation. Aussi, pour promouvoir le secteur et assurer un cadre plus propice à l'émergence des projets de méthanisation, un nouveau cadre tarifaire a été pensé. Par ailleurs, la restriction précédemment considérée a été levée par ce nouveau dispositif. Désormais, tout exploitant de biogaz pourra valoriser son produit en cumulant cogénération et introduction dans le réseau de gaz naturel s'il y aspire.





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