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24/08/2017

La filière forêt-bois au coeur de la lutte contre le réchauffement climatique




Quel est l'avenir de la gestion des forêts et de l'ensemble de la filière forêt-bois en France métropolitaine ? Le Ministère de l'Agriculture et de l'Alimentation a confié à l'Institut de recherche national de recherche agronomique (Inra) et à l'IGN la réalisation d'une étude sur le potentiel d'atténuation des émissions de gaz à effet de serre par la filière forêt-bois française. Présentés le 27 juin 2017, les résultats de cette étude révèlent comment la filière forêt-bois dans son ensemble pourrait poursuivre, voire accroître, sa contribution en simulant les effets de plusieurs scénarios d'évolution d'ici 2050.


Source : Pixabay, image libre de droits
Source : Pixabay, image libre de droits

Les forêts, et plus largement la filière forêt-bois, sont considérées comme des secteurs stratégiques pour limiter le changement climatique en cours. Le secteur forestier est en mesure de limiter l'augmentation du CO2 atmosphérique à travers deux types de leviers principaux.

D'abord, sa capacité de stockage de carbone dans ses écosystèmes (biomasse vivante, bois-mort, sols forestiers) et dans les produits bois ; ensuite des effets de substitution permettant d'éviter des émissions de gaz à effet de serre (GES) liées à l'usage d'énergies fossiles (fuel, gaz, charbon...) ou de matériaux concurrents non renouvelables, notamment dans la construction (recours au bois plutôt qu'au béton, acier, plâtre, aluminium...).

 


Trois scénarios de gestion forestière à l'horizon 2050

Il s'agit de savoir si, pour accroître la capacité d'atténuation de la filière dans les décennies à venir, il est préférable de favoriser le stockage de carbone dans l'écosystème forestier en limitant les prélèvements ou, au contraire, privilégier les effets de substitution, et quels sont les niveaux intermédiaires possibles. L'Inra et l'IGN ont scruté la filière forêt-bois française dans son ensemble, notamment en tenant compte des effets de substitution à travers trois scénarios contrastés de gestion forestière à l'horizon 2050.

En premier lieu, le scénario « extensification » dans lequel les volumes de récolte seraient maintenus (ce qui, compte tenu du rythme de croissance de la forêt française, conduirait à diminuer les taux de prélèvement) et où les acteurs seraient passifs face au changement climatique, comptant sur les capacités d'adaptation des forêts.

Ensuite, le scénario « dynamiques territoriales » dans lequel les taux de prélèvement actuels seraient globalement maintenus, ce qui augmenterait progressivement les volumes récoltés.

Pour finir, le dernier scénario « intensification avec plan de reboisement » combinerait accroissement des taux de prélèvement partout où c'est envisageable avec une politique volontariste de reboisement qui viserait le remplacement de 500 000 hectares sur dix ans de peuplements peu ou pas productifs par de nouvelles plantations plus productives.

Tous les scénarios montrent un renforcement possible du rôle de la filière forêt-bois française dans l'atténuation des émissions de gaz à effet de serre (GES) à l'horizon 2050 (un horizon proche pour la forêt). Dans le scénario « extensification », les capacités de stockage de carbone dans l'écosystème forestier sont favorisées mais pourraient être limitées du fait des effets du vieillissement des peuplements. Plus favorable aux effets de substitution, la capacité d'atténuation du changement climatique du scénario « intensification avec plan de reboisement » pourrait être accentuée si les usages du bois et les évolutions technologiques permettaient de valoriser davantage les produits bois par rapport à leurs concurrents plus émetteurs de GES. De même, ces effets seraient accrus dès que les bénéfices du plan de reboisement seraient en mesure de se faire sentir (au-delà de 2050).

L'étude met également en lumière la nécessité d'importants efforts collectifs pour accroître les usages de la ressource et donc aller vers les trajectoires des scénarios « Intensification », et même « Dynamiques territoriales ». En effet, même si les gains économiques pourraient être élevés pour tous les acteurs de la filière, une augmentation des taux de prélèvement actuels s'avère ambitieuse et nécessiterait un effort collectif consistant tout autant en une évolution du comportement des consommateurs qu'en des investissements conséquents dans la filière bois et en forêt.






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